Alain Colas est un
navigateur français né le
16 septembre 1943 à
Clamecy (près de
Nevers en
Bourgogne), disparu en mer le
16 novembre 1978 au large des Açores.
Biographie
La jeunesse
Alain Colas naît le 16 septembre 1943 dans la
Nièvre, à Clamecy, où son père dirige la faïencerie de la ville. Dès son enfance, il veut « réaliser ses rêves ». Dans sa jeunesse, il fait preuve de ses qualités d'organisateur en créant en 1963 le club de
Canoë-kayak de Clamecy. Il mène ses études au lycée Jacques Amiot d'Auxerre, puis à l'université de Bourgogne à
Dijon, en philologie anglaise, et enfin à la
Sorbonne.
Maître de conférences en Australie
Il part en
Australie en janvier 1966, à vingt-deux ans, pour postuler comme maître de conférences à
Sydney, sans même avoir les diplômes nécessaires. En effet, son père lui avait simplement communiqué une annonce de cette faculté cherchant un
lecturer , c'est-à-dire un maître de conférences, et non un " lecteur " comme Alain le croyait. Essuyant un refus, mais s'étant déjà préparé au départ, il s'embarque sur un cargo pour
Sydney. Sur place, son dynamisme et sa force de persuasion font le reste. Il devient maître de conférences, à vingt-deux ans, à St John’s College, université de Sydney en
Australie où il enseigne le français.
En Australie, il découvre la voile et la course au large en baie de Sydney.
Equipier d'Éric Tabarly
En 1967, il rencontre
Éric Tabarly, qui dispute la course
Sydney-Hobart. Ce dernier lui propose d’embarquer à son bord, sur
Pen Duick III, en tant que cuisinier, pour un périple jusqu’à la
Nouvelle-Calédonie.
Pour Alain, l’appel du large est plus fort qu’un avenir d’universitaire tout tracé. Il rejoint Tabarly qui prépare, pour la Transatlantique en solitaire de 1968, un multicoque expérimental géant : Pen Duick IV concu par l'architecte français André Allègre. Alain fait toute la saison de course 1968-1969 avec Tabarly. Il apprend le métier de marin de course au large et devient journaliste de ses aventures maritimes. En 1970, il rachète à Tabarly le Trimaran Pen Duick IV.
C’est à Tahiti qu’il rencontre sa compagne, Teura, avec laquelle il aura trois enfants. Pour financer son aventure, il raconte ses voyages dans la presse européenne.
Les victoires
Le 8 juillet
1972, il remporte sur
Pen Duick IV la quatrième
Course Transatlantique Anglaise en solitaire reliant Plymouth en Angleterre à à Newport aux Etats-Unis. Avec un temps de 20 jours 13 h et 15 min, il pulvérise alors le record de l’épreuve. La France se découvre un héros sympathique au parcours original.
Il annonce son prochain objectif : le premier tour du monde en solitaire en multicoque avec Pen Duick IV rebaptisé « Manureva », « L’oiseau du voyage » en Tahitien. Alain Colas franchit le Cap Horn le 3 février 1974. Arrivé à Saint-Malo le 28 mars 1974, il bat de 32 jours le record du Tour du monde en solitaire détenu par Sir Francis Chichester, en monocoque. Il est le premier marin à réussir ce pari.
Le quatre mâts Club Méditerranée
En 1975, il conçoit et met en oeuvre la construction d’un voilier de quatre
mâts de 75 mètres de long, à la pointe de la technologie, pour la
Transat anglaise en solitaire de juin 1976. C’est le gigantesque «
Club Méditerranée ».
Le 19 mai 1975, dans le port de La Trinité-sur-Mer, il est victime d'un accident : sa cheville est complètement sectionnée par un cordage du Manureva. Il subit vingt-deux opérations qui lui permettent de conserver son pied, et continue à superviser la réalisation du Club Méditerranée depuis son lit d'hôpital. En février 1976, le navire est lancé à Toulon.
Le 5 juin 1976, Alain Colas est au départ, sur le Club Méditerranée, de la Transat anglaise en solitaire, à Plymouth. De terribles tempêtes (cinq dépressions se suivent en Atlantique nord), entraînant des ruptures de drisses, et une fausse annonce de l’arrivée d’un voilier de la course près des côtes américaines, incitent Alain Colas à faire une escale technique de 36 heures à Terre-Neuve. Aussi, le 29 juin, il arrive second à Newport, 4 heures après Éric Tabarly.
Après la course et jusqu'en septembre 1977, il organise des opérations "Bienvenue à bord", visites du Club Méditerranée, dans des ports de la Manche et de l'Atlantique.
Disparition
En
1978, il participe à sa dernière course, celle qu’il ne gagnera jamais : sur son « vieux » Manureva, il prend le départ de la première
Route du Rhum. Son dernier message est envoyé le 16 novembre
1978 à 4h du matin, au large des Açores : « Je suis dans l’oeil du cyclone. Il n’y a plus de ciel, tout est amalgame d’éléments, il y a des montagnes d’eau autour de moi... » Il était en tête mais la tempête qui se déchaîne les jours suivants a raison de ce marin d’exception, âgé de trente-cinq ans.
Contrairement aux multicoques classiques dont les matériaux de construction sont insubmersibles ou flottent entre deux eaux en cas d'accident sérieux (structure nid d'abeille, composites), Manureva était un multicoque submersible conçu en AG4 (Aluminium) ce qui ne permit pas de retrouver le moindre élément du navire qui aurait pu dériver.
Alain Colas a su faire évoluer son sport grâce à son intelligence et son caractère entreprenant. Il s'est beaucoup appuyé sur les médias. Il a obtenu l'aide de mécènes pour financer ses courses et son quatre mâts. Il a conçu le Club Méditerranée comme une vitrine de la technologie, comportant des installations électroniques, dont une sorte de laboratoire météorologique.
La chanson Manureva
Ce drame inspira
Serge Gainsbourg qui composa en
1979 pour
Alain Chamfort la chanson «
Manureva ».
Hommages
Le lycée de la communication à Nevers a reçu le nom d'Alain Colas. À Clamecy, une statue en bronze du navigateur a été inaugurée en 2006.
Bibliographie
Alain Colas a écrit de nombreux articles et deux livres.
Alain Colas, Un tour du monde pour une victoire, Arthaud, 1972, 312 p.
Alain Colas, Cap Horn pour un homme seul, Flammarion, 1977, 269 p.
Jean-Paul Aymon, Patrick Chapuis, Gilles Pernet, Colas Terlain Vidal Tiercé de la mer, Paris, Solar, 1972, 254 p.
Jean-Paul Aymon, Alain Colas la mer est son défi, Fernand Nathan, 1977, 96 p.
Alain Colas Manureva ne répond plus..., , Sipe, , 96 p.
Voir aussi
- Phocéa
- Record du tour du monde à la voile
- le lycée Alain Colas