|
Caligula
Pour les articles homonymes, voir Caligula (homonymie). Caligula (* 31 août 12 à Antium; † 24 janvier 41 à Rome) (Latin : CAIVS•CAESAR•AVGVSTVS•GERMANICVS) fut le troisième Empereur romain, régnant de 37 à 41. La succession de TibèreCaius Augustus Germanicus, dit Caligula ( petite botte en Latin), fils du très populaire Germanicus et d' Agrippine l'Aînée, naquit la veille des Calendes de septembre en l'an 12, sous le consulat de son père et de C. Fontenius Capito. Il est le petit-neveu (et aussi le petit-fils adoptif) de l'empereur Tibère , lui-même beau-fils et fils adoptif de l'empereur Auguste; Caligula est aussi l'arrière petit-fils en ligne directe d' Auguste. Caligula avait cinq frères et soeurs : Nero Caesar, Drusus III, Drusilla, Agrippine la Jeune et Julia Livilla. Selon Suétone, ce n'est que vers l'âge de deux ans qu'il fut envoyé en Germanie rejoindre sa famille. Enfant, il accompagna sa mère qui suivait souvent son père dans les camps militaires et ses bottines adaptées à ses petits pieds lui ont valu le surnom de « caligula » (diminutif de caliga), qu'il finit par détester. Il fit partie du voyage vers la Syrie, qui vit la mort de son père. À son retour, il fut d'abord confié à sa mère, Agrippine l'Aînée, puis, après la relégation de celle-ci à sa bisaïeule Livia Augusta. En 29, à la mort de cette dernière, il prononça son éloge funèbre, et fut recueilli par sa grand-mère Antonia, avant de rejoindre finalement Tibère. Tibère avait assigné sa succession conjointement à son propre petit-fils Gemellus et à Caligula ; celui-ci se fit seul reconnaître par le Sénat (en l'an 37), adoptant d'abord Gemellus, qui se fit assassiner par Séjan par la suite (?). Pendant six mois, les Romains purent se féliciter d'un empereur juste, utile et libéral, qui leur faisait oublier la sinistre fin du règne de Tibère ; mais une grave maladie fit changer dramatiquement Caligula. Dès lors il s'achemina comme son grand-oncle vers le Despotisme, s'adonnant, selon certaines sources, à la débauche (on lui prête entre autres une longue liaison incestueuse avec sa soeur Drusilla). Certains assurent qu'il était en fait déjà atteint psychologiquement avant son avènement, mais que, le pouvoir aidant, il devint vite un empereur tyrannique et mégalomane, se prenant pour Jupiter. Il ridiculisa le Sénat et l'institution des consuls, fit assassiner ou bannir la plupart de ses proches, et on l'accuse encore de s'être amusé à faire pratiquer d'horribles tortures en plus de meurtres arbitraires. Il se concilia cependant le peuple notamment avec les jeux du cirque. Aujourd'hui, de nombreux historiens et écrivains s'interrogent sur la folie réelle du jeune empereur, car de récentes preuves archéologiques contredisent la théorie de « l'empereur fou ». La chuteUne dernière conjuration eut enfin raison du princeps : en l'an 41, après trois ans dix mois et huit jours de règne selon Suétone, il fut assassiné dans sa 29 e année par les soldats de sa garde, sans que l'on sache qui était le commanditaire. Selon toute vraisemblance, il s'agissait d'un meurtre domestique plus que politique. Le Sénat, probablement après des accords plus ou moins discutables, accorda le Principat à son oncle Claude. Celui-ci épousa plus tard une autre soeur de Caligula, Agrippine la Jeune, la mère du futur Néron, le dernier des Julio-Claudiens. Caligula devant l'Histoire Juste après Tibère, Caligula, toujours de la même famille impériale (les Julio-Claudiens), est un autre exemple extrême de l'étonnant système politique romain. La succession familiale l'avait placé sur le trône, les institutions ne pouvaient l'en déloger et les conjurations ne purent jamais l'abattre : il profita de cet état de fait pour acheminer un temps l'empire vers un Despotisme à l' orientale, où le souverain possède ses sujets comme il possède ses chevaux et ses esclaves. Portrait« Caligula avait la taille haute, le teint livide, le corps mal proportionné, le cou et les jambes tout à fait grêles, les yeux enfoncés et les tempes creuses, le front large et torve, les cheveux rares, le sommet de la tête chauve, le reste du corps velu ; aussi, lorsqu'il passait, était-ce un crime capital de regarder au loin et de haut ou simplement de prononcer le mot chèvre, pour quelque raison que ce fût. Quant à son visage, naturellement affreux et repoussant, il s’efforçait de le rendre plus horrible encore, en étudiant devant son miroir tous les jeux de physionomie capables d’inspirer la terreur et l’effroi. » - Suétone, Vie des douze Césars, Caligula 49 Anecdotes et citations de Caligula - « Si seulement le peuple romain n’avait qu’un seul cou ! » ;
- Oderint, dum metuant, « Qu'ils me haïssent, pourvu qu'ils me craignent ! » Il s'agit là en fait d'une reprise par Caligula d'une phrase célèbre de son prédécesseur l'empereur Tibère Oderint, dum probent , « Qu'ils me haïssent pourvu qu'ils m'approuvent » (la version de Caligula, avec metuant, est empruntée à la tragédie Atrée de Lucius Accius ; Tibère en avait quelque peu atténué la violence) ;
- Chaque fois qu’il embrassait le cou de sa femme ou d’une conquête passagère, il ajoutait de façon cynique : « une si jolie nuque sera tranchée dès que j’en donnerai l’ordre ! » ;
- Lors d'un festin, il se mit à rire aux éclats et répondit aux deux consuls placés près de lui qui lui en demandaient avec ménagement la raison : « Quand je pense que sur un seul geste de moi vous pouvez être égorgés tous les deux à l’instant ! ».
- « J'aime le pouvoir car il donne ses chances à l'impossible. »
- À son cheval favori Incitatus, outre une écurie de Marbre et une mangeoire en Ivoire, il fit donner une troupe d’esclaves et du mobilier. On dit même qu’il projetait de le faire consul, mais qu'il fît vraiment de son cheval favori un consul n'est certainement qu'une légende.
OEuvres artistiques inspirées de sa vie - Albert Camus a écrit une pièce de théâtre, Caligula où l'on assiste à la réalisation d'un homme contre un monde qui ne lui offre aucun espoir. La mort de Drusilla, son amante et sa soeur, amène Caligula à la conscience de cette vérité - « les hommes meurent et ne sont pas heureux », et le jeune homme sensible qu'il était devient un monstre d'une insatiable cruauté. Camus aborde notamment dans cette oeuvre le thème des limites de la liberté absolue, celle que confère le pouvoir le plus absolu qui soit. Caligula s'est proclamé dieu. Il n'y a aucune entrave à l'exercice de sa liberté, et il l'exerce pleinement, sans aucune mesure. Mais cette liberté entre en contradiction avec son être, avec sa vie même. Et cette contradiction, selon la promesse de Caligula, devra être résolue.
- Hubert Monteilhet a écrit un Roman historique, Neropolis. Roman des temps néroniens, dont la première partie se déroule sous Caligula et dans lequel l'un des protagonistes a à souffrir du regard que l'Empereur a posé sur lui.
- La Journaliste Cristina Rodriguez et l'historiographe Domenico Carro ont publié il y a peu un Roman historique, Le César aux pieds nus, retraçant la fin du règne de Tibère et la jeunesse de Caligula. Cet énorme ouvrage, preuves archéologiques et historiques à l'appui, montre Caligula sous un jour nouveau.
- Nicolas Le Riche, danseur étoile à l'Opéra national de Paris, a créé en 2005 un Ballet en cinq actes inspiré de la vie de Caligula.
- En 1979, sort Caligula, un film de Tinto Brass avec Malcolm McDowell dans le rôle titre. Ce film fut produit par Bob Guccione, éditeur et propriétaire de Penthouse, aussi ce film contient des scènes à caractère pornographique. On retrouve également dans ce film des acteurs "classiques" britanniques comme Peter O'Toole ou Helen Mirren.
Noms et titresNoms successifs - 12, né CAIVS•IVLIVS•CAESAR•GERMANICVS
- 37, accède à la pourpre : CAIVS•CAESAR•AVGVSTVS•GERMANICVS
Titres et magistraturesTitulature à sa mortQuand il fut assassiné en 41, Caligula avait la titulature suivante : - CAIVS•CAESAR•AVGVSTVS•GERMANICVS, PONTIFEX•MAXIMVS, TRIBVNICIA•POTESTATE IIII, CONSVL•IIII, PATER•PATRIAE
Caius César Auguste Germanicus, pontife suprême, investi de la puissance tribunicienne pour la 4 e fois, consul pour la 4e fois, père de la Patrie. Notes et référencesBibliographie- Suétone, Vie des douze Césars, Les Belles Lettres, 1931
- Maria Grazia Siliato, Le rêve de Caligula (Roman historique), J.C. Lattès, 2007, ISBN 2709627663
- Pierre Renucci, Caligula, l'impudent, infolio, 2007, ISBN 2884740425
Voir aussi - Caligae : le nom de Caligula est le diminutif de caliga, sandale ou bottine de soldat.
Liens externes
|