Le docteur Charles Claoué est un célèbre chirurgien français, précurseur de la
chirurgie esthétique et réparatrice, et défenseur des médecines alternatives. Il mit son savoir-faire au service de nombreux juifs sous l'occupation afin de leur éviter la déportation.
Biographie
Né le
27 août 1897 dans l'Hérault, il fait ses études de médecine à l'université de Bordeaux pendant la première guerre, puis travaille à Bordeaux jusqu'en 1932.
Il se marie le 22 novembre 1920 dans les Vosges avec Isabelle Singrün. Il travaille ensuite à Paris, dans la clinique qu'il possède 12 avenue Alphand, dans le très bourgeois XVIe arrondissement.
Grâce au travail acharné de sa bru et collaboratrice Madeleine Meunier, qui avait fait des études de droit, il arrive à acquérir les 6 étages de l'immeuble de la clinique en rachetant un à un les appartements en seulement 3 mois.
Charles travaille principalement en chirurgie réparatrice, pour refaire les « Gueules cassées » de la guerre. Ce travail lui plaît beaucoup, et son père lui conseille d'aller à Vienne, ville renommée pour son excellence en chirurgie du visage (nez, ...), notamment sur les mutilés des guerres.
A Vienne, il rencontre des étudiants berlinois qui lui conseillent de rencontrer d'excellents chirurgiens à Berlin. Il y part donc, puis revient à Paris.
Le Docteur Charles Claoué a une notoriété telle qu'il devient le chirurgien esthétique attitré des vedettes. Cependant, la Seconde Guerre Mondiale éclate. Sous l'occupation, les chirurgiens allemands lui demandent de lui apprendre ses techniques, afin de récupérer son expertise dans le domaine. Charles Claoué est obligé de leur montrer ses travaux ainsi que les travaux des chirurgiens dans les autres cliniques. Il est invité par les allemands lors d'un repas chez Maxim's.
Suite à ces échanges avec le régime nazi, Charles opère des centaines de juifs afin de leur ôter la bosse du nez, et de les sauver ainsi de la déportation. Charles est alors dénoncé pour cette activité. Il apprend à temps que la police va venir le chercher pour l'emmener à Drancy, sous le prétexte monté de toute pièce qu'il serait juif. Il décide alors d'une part d'envoyer son fils aîné Bernard se cacher chez Madeleine Meunier rue de Rennes à Paris, et d'autre part de s'enfuir en Charente (16), près de Cognac.
Un jour, la fille du général Giraud, qui était en Allemagne, en Bavière, quand la guerre a éclaté, était avec sa propre fille et sa nurse. Mais la fille du Général décède. Les allemands disent qu'il faut que des médecins français constatent sa bonne mort, pour prouver qu'ils n'ont rien fait contre elle. Ils sont allés chercher Charles en Charente (car ils savaient parfaitement où le trouver), ainsi qu'un autre médecin de Paris. Charles leur dit "je ne suis pas médecin légiste, je ne sais pas vous dire de quoi elle est morte. En revanche, j'accepte de vous déclarer qu'elle est morte de mort naturelle si vous me laissez ramener la nurse et l'enfant à Paris." Ce qui a été fait. La petite-fille et la nurse ont donc été rendues à la famille du Général Giraud.
Ainsi, lorsque ses confrères l'ont convoqué devant un tribunal après la guerre en l'accusant de collaboration, le tribunal a entendu l'histoire de l'enfant de Giraud et a relaxé Claoué.
En 1949, Charles, président du CEBEM (Centre d’Etudes Biologiques et Médicales), décide avec Charles de SAINT SAVIN, magnétiseur, de regrouper les guérisseurs de France.
Il écrit plusieurs livres dont le plus connu est Le Mal d'Hippocrate, publié en 1950 aux éditions De la Liberté.
Il décède le 18 février 1957 en Seine-et-Oise
Bibliographie
- Le Mal d'Hippocrate, Charles Claoué, publié en 1950, éd. De La Liberté
Sources
- Témoignage de Madeleine Claoué, née Meunier, veuve du Docteur Bernard Claoué, fils du Docteur Charles Claoué (témoignage du 19 juillet 2007 à Jonathan Lafarge, arrière petit-fils de Charles Claoué).
Références