La
danse traditionnelle se réfère au répertoire chorégraphique essentiellement rural, par opposition au répertoire citadin, comme la danse de
Théâtre ou la
Danse de société.
Le terme de « danse traditionnelle » tente de réconcilier des concepts très divers, apparus au fil du temps, comme danse nationale (principalement au XIXe siècle), danse folklorique (le synonyme le plus fréquent après la Seconde Guerre mondiale), danse ethnique (davantage préoccupée des danses extra-européennes) ou danse populaire (mêlant danse de ville et de campagne).
Apparu dans le sillage des
années folk, le terme désigne les danses propres à une région, à un village, voire à une communauté,
transmises (latin
tradere) par voie orale ou d'imitation, autant que les danses « remises » en scène par les « groupes folkloriques » d'aujourd'hui. Cette ambiguïté est double :
- d'une part, le décalage entre la « Tradition » et la « Modernité » a conduit progressivement à une perte de sens des fonctions de la danse traditionnelle : une danse traditionnelle représentée hors de son contexte perd son sens premier, qui est la cohésion du groupe social
- d'autre part, sans les groupes folkloriques, la tradition aurait été à jamais ignorée, voire perdue.
Danse nationale
Expression née au
XIXe siècle pour qualifier le répertoire chorégraphique correspondant aux aspirations des nouvelles
nations européennes. Tout comme la musique et les autres arts, la danse a servi à définir l'appartenance d'un peuple à une culture commune, souvent fabriquée pour des raisons de « propagande » nationale. Durant la période
romantique, de nombreuses nations naissantes ont mis à l'honneur leurs danses traditionnelles pour renforcer la cohésion sociale. On a vu naître ainsi la
Danse de caractère, sorte d'universalisation des danses nationales (ex. : on parlait de
la danse espagnole,
la danse russe, etc.). Cette tendance s'est atténuée au fil du temps et, au milieu du
XXe siècle, on préfère parler de
danse folklorique.
Depuis les recherches ethnochorégraphiques entamées dans les Années 1970, on regroupe plus volontiers ce patrimoine sous le vocable de danse traditionnelle.
Danse folklorique
Expression née à l'
Entre-deux-guerres sur le modèle anglo-saxon de
folk dance. C'est
Arnold van Gennep qui définit le premier, en
1924, le
folklore dans la sphère culturelle francophone. Le
folklore est littéralement la
science du peuple : étymologiquement,
folk vient du germanique
peuple (provenant du latin
vulgus) et
lore du saxon
connaissance (cf. allemand
lehren et anglais
learn).
Danse ethnique
Ce vocable désigne généralement des danses extra-européennes, souvent par opposition aux danses populaires ou folkloriques, qui s'appliquent davantage aux danses traditonnelles d'Europe.
Danse populaire
Parfois synonyme de
danse folklorique ou de
danse traditionnelle, ce vocable désigne l'ensemble des
danses de bal qui se pratiquent (ou se pratiquaient) en milieu urbain.
Quelques aspects communs aux danses traditionnelles
Les danses traditionnelles font presque toutes parties d'un fonds commun européen qui prend sa source au
Moyen Âge : la
carole, la
Basse danse et surtout le
Branle sont à l'origine de la plupart de nos danses traditionnelles. Se diversifiant tantôt en danses collectives (en chaîne ouverte ou fermée), tantôt en danses de couples, tantôt encore en danses solistes (d'hommes ou de femmes), les danses traditionnelles connaissent des formes régionales, voire locales, qui les distinguent l'une de l'autre.
Certaines danses portent le nom du village dont elles sont issues, d'autres celui de la région, d'autres enfin ont parcouru les siècles de manière invariable depuis leur apparition. La plupart des danses peuvent être rattachées à une « famille » particulière.
Analyse des danses traditionnelles
Les
ethnochorégraphes et les
folkloristes distinguent plusieurs angles d'analyse des danses traditionnelles :
- l'analyse fonctionnelle examine le contenu de la danse, sa fonction et son rôle dans la société
- l'analyse musicale étudie les données rythmiques, le tempo, les accents de la musique et des appuis
- l'analyse morphologique étudie les règles de construction, les rapports entre la musique et la danse, les composantes du mouvement, sa dynamique, l'occupation spatiale de la danse et des danseurs
- l'analyse structurelle étudie les éléments cinétiques qui composent une danse, une figure, une suite de pas, un pas. Elle tente de décomposer une danse en unités indivisibles, comme le Phonème en Linguistique
L'étude comparative des danses à travers ces diverses approches permet de dégager des comparaisons de répertoires chorégraphiques que tout semble séparer. Ainsi, l'An-dro breton et le branle double de la Renaissance, ou la Polka et le malhão portugais.
(à compléter)
Voir aussi
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