Pour les articles homonymes, voir Duché de Limbourg (homonymie).
Le
comté de Limbourg qui devint duché au début du
XIe siècle, s'étendait grosso modo au nord de la ville de
Limbourg aujourd'hui
Dolhain (Belgique), entre la
Meuse et
Aix-la-Chapelle (
Pays de Herve et sud du Limbourg néerlandais actuel).
Il comprenait 43 villages dans la franchise de Limbourg, les ban de Baelen, Herve, Montzen, Walhorn et les 7 seigneuries banales dites « d'au-delà des bois ». Ces seigneuries, qui constituaient une enclave dans la principauté de Liège, étaient celles de Sprimont, Esneux, Tavier, Villers-aux-Tours, La Chapelle, La Rimière et Baugnée.
De 1839 à 1906, la province néerlandaise de Limbourg prit également le nom de duché de Limbourg en tant que membre de la Confédération germanique.
Duché de Limbourg (de 1065 à 1288)
Article détaillé : . D'abord occupé par les
Romains, puis par les
Francs, il échut lors du
Traité de Verdun à
Louis le Germanique. Devenu par la suite le
comté de Lengau, vassal du comté de
Liège, il échut par mariage à Frédéric de Luxembourg, duc de Basse-Lotharingie, qui le donna en dot à sa fille Jutta, mariée à Waléram, comte d'Arlon. Celui-ci fit construire vers
1070 un château dans le Lengau qu'il nomma
Limbourg (
Len-Burg) et s'intitula
comte de Limbourg.
Durant le
XIe siècle, le
duché de Basse-Lotharingie fut disputé entre les comtes de Limbourg et les comtes de Louvain. Deux comtes de Limbourg devinrent duc de Basse-Lotharingie, ne purent le conserver, mais gardèrent le titre de duc. Les comtes de Louvain, de leur côté conservèrent le duché et s'intitulèrent
duc de Brabant. De cette période vint une opposition farouche entre les ducs de Brabant et les ducs de Limbourg, qui perdura jusqu'en 1191. Par mariage les ducs de Limbourg furent brièvement comtes de Luxembourg et comte de Berg.
La dernière comtesse de Limbourg de la maison de Waléran fut Ermengarde, morte sans enfant en 1283. Son époux Renaud Ier de Gueldre obtint de l'empereur Rodolphe de Habsbourg, le droit de conserver le duché à titre viager, mais son cousin Adolphe V de Berg le lui contesta. N'ayant pas les moyens de faire valoir ses droits par les armes, il vendit ses droits à Jean Ier le Victorieux, duc de Brabant, qui occupa le duché après la bataille de Worringen en 1288. Il fut généralement désigné, avec le Comté de Dalhem également sous domination brabançonne, sous le nom de Pays d'Outremeuse (territoires situés au delà de la Meuse, en rive droite, par rapport au Brabant).
Dès lors, le duché de Limbourg suivit les destinés du Duché de Brabant, fut inclus en 1430 dans les Pays-Bas bourguignons, en 1549 dans les Pays-Bas espagnols, qui devint en 1581 les Pays-Bas du Sud. Toutefois, le Limbourg fit sécession, tout comme les 7 provinces du nord, et seule la moitié sud fut reconquise par les troupes espagnols (comme pour le Duché de Brabant). C'est ce Limbourg belgique qui resta dans les Pays-Bas espagnols pour devenir ensuite Pays-Bas autrichiens (traité d'Utrecht en 1713). Le nord devint le Limbourg des États en Provinces-Unies.
En 1795, le Limbourg belge est conquis par les armées de la République Française, et le Limbourg des États (devenu Limbourg batave) y est intégré. Les provinces sont toutefois rapidement redessinées par Napoléon : la partie sud est rattachée au département de l'Ourte, construit sur une partie de l'ancienne principauté de Liège, et la moitié nord est intégrée dans le département belge de Meuse-Inférieure (chef-lieu : Maastricht). Ce département fut agrandi en 1810 lorsque le Royaume de Hollande sera annexé. Le département couvre alors les deux provinces limbourgeoises actuelles.
Si on se réfère aux anciennes nations, ce département de Meuse-Inférieure était grosso modo constitué :
Duché de Limbourg (de 1839 à 1920)
En
1815 le
Congrès de Vienne attribue la
Meuse-Inférieure au Royaume-Uni des Pays-Bas, mais en 1830, la Belgique se soulève. Le traité de Londres de
1839 partage la
Meuse-Inférieure (devenue entre-temps
province de Limbourg) en deux :
- le Limbourg belge : la partie thioise de la Principauté de Liège, à l'exception de Horn ;
- le Limbourg néerlandais : la partie thioise du duché de Limbourg, l'exclave méridionale du duché de Gueldre et le quartier de Horn.
- Le canton d' Eupen est attribué à la Prusse et fait seulement depuis 1920 partie de la Belgique.
La province belge de Luxembourg fut également coupée en 2 en 1839 : sa partie wallonne reste belge, le reste devenant Grand-Duché de Luxembourg. Pour compenser cette perte, la Confédération germanique intégra la province néerlandaise de Limbourg en tant que duché de Limbourg.
Armoiries
- Article détaillé : Armoiries du Limbourg et du Luxembourg
Les ducs de Limbourg portaient :
d'argent au lion de gueules, la queue fourchée passée en sautoir, armé, lampassé et couronné d'or.
La province belge du Limbourg a repris les armes du vieux duché, mais l'aire qu'elle couvre n'a donc rien en commun avec celui-ci. Elle correspond grosso modo au Comté de Looz de la Principauté de Liège, ce qui explique le sur-le-tout de Looz.
Source
- Louis Charles Dezobry et Théodore Bachelet, Dictionnaire de Biographie et d'Histoire, Paris, 1863 [détail édition].
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