La
fièvre jaune, parfois appelée
vomi noir (
vomito negro) ou
peste américaine, est une
Maladie virale aiguë. C'est une
Arbovirose zoonotique des grands singes de la forêt équatoriale et elle est transmise de singe à singe par divers
moustiques du genre
Aedes, hôtes intermédiaires et vecteurs.
L'homme traversant ces foyers sauvages d'endémie est sporadiquement piqué par les moustiques infectés et fait alors une fièvre jaune humaine dite "forme sylvatique". Revenu vers les centres habités, il joue le rôle de réservoir de virus et, piqué par le moustique commensal qu'est Aedes aegypti, hôte vicariant très efficace, il est à l'origine d'une fièvre jaune purement humaine et épidémique : la redoutable "forme urbaine".
La fièvre jaune reste toujours une cause importante de maladies hémorragiques dans plusieurs pays africains et sud-américains, malgré l'existence d'un vaccin efficace.
Historique
Alors que 206 000 cas de fièvre jaune ont été recensés en 2005 dans douze pays africains (Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Libéria, Mali, Nigeria, Sénégal, Sierra Leone et Togo), provoquant 52 000 décès, l’Organisation mondiale de la santé estime que l’épidémie pourra faire entre 1,5 et 2,7 millions de morts si rien n’est fait en matière de prévention vaccinale.
Épidémiologie
La maladie est provoquée par un
Arbovirus de la famille
Flaviviridae (qui comprend également la
Dengue, l'encéphalite de Saint Louis et le virus du Nil occidental). C'est un des plus petits virus à ARN que l'on ait réussi à isoler chez l'homme.
Les moustiques sont le vecteur principal de la maladie par transmission des singes à l'homme et par transmission d'homme à homme. Les moustiques impliqués sont Aedes simpsoni, Aedes africanus, et Aedes aegypti en Afrique, ainsi que les Haemagogus et Sabethes. Il y a une différence entre les symptômes de la maladie dans des secteurs ruraux et dans les villes. Les symptômes de la maladie dans les villes et chez les personnes d'origine étrangère sont habituellement plus sérieux.
Physiopathologie
- Piqûre Aedes => VIRUS => sang
- Multiplication dans ganglions => sang
- Foie, rate, reins
Clinique
Le tableau est celui d'une virose hémorragique.
L'incubation muette, très courte, 5 jours, est suivie d'une invasion brutale avec malaise, maux de tête violents, sensation de "coup de barre" dorsal et poussée fébrile à 39 °C.
La période d'état comporte 2 phases fébriles séparées par une défervescence en V de 24 heures :
- une phase rouge de 3 jours, virémique, polyalgique, avec hyperthermie à 40 °C et plus, au cours de laquelle se produit une dissociation pouls - température ;
- une phase jaune de 3 jours, hépato-néphrétique et hémorragique, avec ictère purpurique, hémorragies digestives aboutissant aux vomissements noirs, d'où le nom de "vomito negro", et protéinurie régulièrement croissante.
En cas d'évolution favorable, une défervescence en "lysis" en 48 heures, accompagnée d'une reprise de la diurèse, amène la guérison après 10 jours de maladie, durée maxima Pathognomonique de le fièvre jaune.
La mort survient en Hypothermie, après rémission brutale ou au début de la reprise, ou en Hyperthermie vers le 8e jour, sans rémission.
Diagnostic
Le diagnostic est clinique. Il se fait sur l'aspect de la courbe de température et les signes d'examen.
Après une période d'incubation de 3 à 6 jours, les symptômes typiques qui apparaissent sont la Fièvre, des douleurs musculaires, des maux de tête et des douleurs dans le dos. La langue rouge, le visage livide et le rougissement des yeux peuvent également être des symptômes de la maladie. Dans certains cas, des organes internes tels que le foie, les reins et le coeur peuvent être touchés. Il peut y avoir une hémorragie du tube digestif : le sujet vomit alors du sang noir (le vomito negro caractéristique).
Il faudra éliminer :
La confirmation pourra être obtenue d'un laboratoire spécialisé ou d'un centre de référence de l'OMS :
- à partir du sang du malade, dès le 3e ou 4e jour, par inoculation à la souris ;
- à partir de son sérum sanguin par un test de protection de la souris.
Traitement
Il n'existe aucun traitement spécifique (maladie virale).
L'extrême fragilité du malade demandera une grande prudence dans l'application d'un traitement symptomatique.
Le malade devra être isolé sous moustiquaire pendant au moins 5 à 6 jours.
Prise en charge
Il n'existe pas de traitement, c'est pourquoi la vaccination préventive est si importante. On ne sait que traiter les symptômes de la maladie et soutenir le patient, en particulier en le réhydratant. Des actions plus lourdes sont nécessaires pour les cas les plus graves, comme des transfusions sanguines ou des dialyses.
Évolution et complications
La plupart des malades voient leur état s'améliorer au bout de 3 à 4 jours. Toutefois dans 15% des cas, la maladie évolue vers une forme plus grave, parfois compliquée par un
Ictère dû à une défaillance du foie et/ou une insuffisance rénale causée par une
Protéinurie. Si la maladie progresse, le sujet délire et tombe dans le coma. L'hypotension et la
Déshydratation sont également courantes. La fièvre jaune est mortelle dans 50 à 80% des cas graves. La mort survient 6 à 7 jours après le début de l'incubation.
Prévention
Un vaccin contre la fièvre jaune a été développé : il procure une immunité de dix ans et protège efficacement les personnes voyageant dans les secteurs affectés par la maladie tout en étant un moyen de contrôler l'expansion de la maladie. Les insecticides, les vêtements de protection et l'installation de
moustiquaires aux fenêtres sont des mesures individuelles utiles, mais pas toujours suffisantes, contre cette maladie. Des campagnes de lutte contre les moustiques dans les zones touchées font également baisser le nombre de cas.
Dans beaucoup de pays, les personnes qui ont visité dans les six derniers mois des pays touchés par la fièvre jaune et qui n'ont pas de preuve matérielle de la vaccination sont susceptibles d'être placées en quarantaine jusqu'à ce qu'on ait pu vérifier qu'elles ne sont pas porteuses de la maladie.
Déclaration obligatoire
En France, en Belgique, et en Allemagne, cette maladie est sur la liste des Maladies infectieuses à déclaration obligatoire
Notes et références