Jean Adrien François Lecanuet, né le
4 mars 1920 à
Rouen (
Seine-Inférieure actuelle Seine-Maritime), mort le
2 février 1993 à
Neuilly-sur-Seine (
Hauts-de-Seine), était un homme politique
français.
Biographie
Né dans un milieu très modeste, il s'est orienté vers des études littéraires. Il est diplômé d'études supérieures de lettres, et à 22 ans devient le plus jeune agrégé de France (de
Philosophie en 1942). Il enseigne en tant que professeur de philosophie à
Douai et à
Lille.
Dès 1943, tout en continuant à enseigner le jour, il participe à la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale et entre dans la clandestinité. En août 1944, il est arrêté avec le commando qui venait de faire sauter la voie ferrée Lille-Bruxelles, et parvient à s'échapper avec la complicité d'un polonais incorporé de force dans l'armée allemande.
A la Libération, il est inspecteur général au ministère de l'information. Puis sous la IVe République, il est plusieurs fois directeur de cabinet de ministres MRP de l'Information, de la Marine Marchande, de l'Économie nationale, de l'Intérieur et des Finances (11 postes en 10 ans).
Il est président du MRP entre 1963 et 1965. En 1965, il devient candidat à la présidence de la République (soutenu par Paul Reynaud). Sa candidature contribue à la mise en ballottage du général de Gaulle. Il obtient 3 777 120 voix (soit 15,6 %)
En 1966, il fonde le Centre démocrate, voie difficile lorsque le mode de scrutin favorise la bipolarisation. C'est ainsi qu'en 1972, il fonde avec Jean-Jacques Servan-Schreiber le Mouvement réformateur. Il négocie avec Pierre Messmer les désistements qui permettent le succès de la majorité aux élections législatives de 1973.
Il participe activement à la campagne électorale de 1974 en faveur de Valéry Giscard d'Estaing et devient ensuite président de l’UDF de 1978 à 1988. Il fait de l'UDF sous sa présidence un parti fort, bien implanté localement, très européen et revendiquant une politique libérale modérée.
Jean Lecanuet repose dans l'abbaye de Saint-Martin-de-Boscherville ; les arrêtés préfectoraux autorisant son inhumation ainsi que celle, plus tard, de son épouse dans un bâtiment public firent l'objet de vives critiques : on a même songé à des exhumations.
Jean Lecanuet, catholique très pratiquant, était membre de l'Opus Dei.
Fonctions gouvernementales
- Secrétaire d'État aux Relations avec les États associés du gouvernement Edgar Faure (2) (du 20 octobre 1955 au 1er février 1956)
- Garde des Sceaux, ministre de la Justice du gouvernement Jacques Chirac (1) (du 28 mai 1974 au 12 janvier 1976)
- Ministre d'État, Garde des Sceaux, ministre de la Justice du gouvernement Jacques Chirac (1) (du 12 janvier au 27 août 1976)
- Ministre d’État, du Plan et de l'Aménagement du territoire du gouvernement Raymond Barre (1) (du 27 août 1976 au 30 mars 1977)
| Précédé par | Jean_Lecanuet | Suivi par |
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| Jean Taittinger | Autres fonctions exécutives| Précédé par | Jean_Lecanuet | Suivi par |
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| - | HommagesUn collège de la ville de Rouen porte son nom. Une des rues principales de la ville de Rouen porte son nom (anciennement rue Thiers). Biographies- Nadine-Josette Chaline, Jean Lecanuet, Beauchesne, Paris, 2000.
- Philippe Priol, Jean Lecanuet, le vol de l’albatros, Maître Jacques, Caen, 2001.
- Nadine-Josette Chaline, François Bayrou et Dominique Baudis, Jean Lecanuet. Témoignages de François Bayrou et Dominique Baudis, Beauchesne, 2003 (ISBN 2701014050)
- René Rémond, Nadine-Josette Chaline, Pierre Fauchon et Philippe Priol, Jean Lecanuet ou la passion du centre, Beauchesne, 2006 (ISBN 2701014980)
Liens extérieursRéférences |
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