Le
louchébem ou
loucherbem, dans son nom complet
largonji des louchébems (« jargon des bouchers »), désigne l'
Argot des
bouchers Parisiens et
Lyonnais de la seconde moitié du
XIXe siècle. Le Louchébem reste de nos jours connu et usité dans cet univers professionnel.
Le processus de création lexicale de ce jargon peut être rapproché du Verlan et du javanais. On « camoufle » des mots existants en les modifiant suivant une certaine règle. La première Consonne est déplacée à la fin et remplacée par un « L », puis on ajoute un Suffixe argotique au choix, par exemple -ème, -ji, -oc, -ic, -muche.
Il s'agit d'abord d'un langage oral, et l'Orthographe est très souvent phonétisée.
- boucher = louchébem
- cher = lerche (employé communément dans sa forme négative: pas lerche) ou lerchem
- douce = loucedé ou loucedoc
- femme = lamfé ou lamdé
- fou = loufoque
- gigôt = ligogem
- porc = lorpic
- monsieur = lesieum
- patron = latronpuche
- pardon = lardonpem
- Portefeuille = larfeuille
- sac = lacsé
- Par-dessus = lardeuss (lardeussupem)
Certains mots de louchébem, en particulier loufoque (grâce à Pierre Dac dont le père était boucher), sont devenus communs et ont aujourd'hui leur place dans le langage familier.
Dans la chanson Sale Argot du groupe de rap français IAM, le rappeur Akhénaton rappe un couplet entier en louchébem.
Liens externes
Bibliographie
- Marcel Schwob, Étude sur l’argot français. Paris: Émile Bouillon, 1889.