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Sa situation scolaire peu brillante et la vie qu'il mène, entre coulisses et salles de spectacles, le poussent petit à petit à envisager d'arrêter ses études. En 1963, âgé de 16 ans, il projette de s'enfuir au Brésil pour monter une boîte de Strip-tease. Son père Fernand le rattrapera in extremis à l'Aéroport. Son fils lui annonce alors son envie de travailler et de quitter l'école.
Serveur dans le Cabaret de son père, il fait ses premières armes sur scène et rencontre alors Michel Fugain, passe une Audition chez Barclay, et décroche son premier Contrat.
Sa carrière est réellement lancée en 1967, grâce à une Censure : alors que la France est sortie de l’OTAN un an plus tôt, et que la Guerre du Viêt Nam provoque une vague d’anti-américanisme en France, Michel Sardou sort Les Ricains, chanson qui insiste sur le devoir de reconnaissance envers les États-Unis, sans qui, d’après lui « Vous seriez tous en Germanie/À parler de je ne sais quoi/À saluer je ne sais qui », claires allusions à la Libération de 1944 par les forces alliées. La chanson n’est pas du goût du Général de Gaulle, qui « déconseille » sa diffusion sur les ondes.
Cet épisode confère au chanteur une notoriété nouvelle. Elle jette surtout les bases de son style futur. Entre 1967 et 1970, il peinera néanmoins à rencontrer un franc succès.
Devant l’enchaînement de 45 tours au succès très mitigé, Eddie Barclay, qui le produit à l’époque, décide en 1969 de résilier son contrat, ne l’estimant « pas fait pour ce métier ».
Il crée alors, avec Jacques Revaux, qui deviendra son plus fidèle compositeur, et Régis Talar, le label Tréma, qui produira désormais ses disques.
1970 est l’année qui le propulsera véritablement au rang de vedette. Il enregistre son premier album, J'habite en France, dont est extrait le 45 tours qui deviendra son premier grand succès radiophonique et commercial : Les bals populaires. Alors qu’il n'en voulait initialement pas, cette chanson le place en première place du hit parade. Il retrouvera cette place à deux reprises dans l’année, avec les tubes J’habite en France et Et mourir de plaisir.
Le style de l’album J’habite en France , qui obtient le prix de l'Académie Charles-Cros en 1971, vaut à Sardou d'être classé dans la catégorie « chanteur populaire ». La chanson du même nom l’impose même comme le chantre de la « France profonde » aux yeux des médias. C’est une image dont il ne se débarrassera jamais au cours de sa carrière, bien qu’il ne se soit pas éternisé dans le registre de la chanson à boire.
Les bals populaires ont cependant ouvert la voie à une décennie de succès permanent : à chaque sortie d’album, Sardou se hisse dans les premières places du hit parade. C’est le cas avec Le rire du sergent (1971), Le surveillant général (1972), et en 1973, avec La maladie d’amour. Cette chanson reste à ce jour son plus gros succès radiophonique, l'album homonyme restant 21 semaines en tête des ventes, un record pour l'époque. Cette réussite sera confirmée par le succès rencontré par les chansons qui suivront : Les vieux mariés, Les villes de solitude (1973), Une fille aux yeux clairs (1974).
Tout en s’affirmant comme une grande star de la chanson française, puisqu’il réalise en 1971 son premier spectacle à l'Olympia, Michel Sardou fait l’objet de polémiques de plus en plus vives. Des voix féministes s’élèvent contre les chansons Les villes de solitude, où Sardou affirme avoir « envie de violer des femmes », et Les vieux mariés, au ton perçu comme très patriarcal.
En novembre 1975 sort le 45 tours Le France, dans lequel Sardou prend la parole au nom du paquebot du même nom, alors toujours amarré à un quai du port du Havre dans l'attente de son désarmement. Le chanteur semble reprocher au président Valéry Giscard d'Estaing et au gouvernement Chirac de ne plus prendre en charge le France (« Ne m'appelez plus jamais France/La France, elle m'a laissé tomber »). La chanson se vend à plus d’un million d’exemplaires, et vaut à Sardou d'être salué par les syndicats et les communistes, malgré son image de chanteur engagé à droite. Mais ce succès annonce en réalité un album qui causera à son auteur bien des désagréments: La vieille.
Avec Le temps des colonies, Sardou, déjà suspecté de machisme, se voit accuser de faire l'apologie d'un Colonialisme primaire et raciste. Les radios refusent de diffuser le titre, sauf France Inter, qui ne le diffusera qu'une seule fois. Libération commente alors : « Le fascisme n’est pas passé et Sardou va pouvoir continuer à sortir ses sinistres merdes à l’antenne. »
Mais le chanteur ne renonce pas à occuper le terrain du politique. Il lance en octobre 1976 Je suis pour qui, cette fois, est massivement diffusée. La chanson, qui évoque l'assassinat d'un enfant, arrive en pleine affaire Patrick Henry, et met définitivement le feu aux poudres, Sardou se voyant accusé de faire l'apologie de la Peine de mort.
Dès lors que le chanteur se positionne nettement à droite, ses principaux détracteurs seront Libération, Rouge et Le Quotidien du peuple, trois journaux marqués à gauche. Sardou déchaîne des batailles éditoriales, comme par exemple dans les colonnes de L’Humanité. Mais il suscite également de profondes interrogations sur le sens sociologique de son succès. Dans Rouge, on peut lire par exemple :
« Le propre d’un chanteur comme Sardou est d’être parvenu à donner forme à une chanson réactionnaire, au sens fort du mot. Il exprime les effets de la crise des valeurs et de l’idéologie traditionnelle sur ceux qui ne sont pas prêts à remettre présentement celle-ci en cause. »
Les pro et les anti-Sardou, journalistes comme artistes, font entendre leur voix. Ses soutiens écrivent dans les colonnes du Figaro, de Paris Match ou même du Monde.
Début 1977, plusieurs comités Anti-Sardou se forment, avec pour but d’empêcher le chanteur de donner ses récitals au cours de sa tournée qui commence en février 1977 : ils organisent des manifestations en province contre sa venue, l’accueillent par des insultes à son arrivée, peignent des croix gammées sur les véhicules de sa caravane, distribuent des tracts très virulents. Une bombe est même retrouvée dans la chaufferie de Forest National, à Bruxelles. Michel Sardou finira par décider d’annuler les quatre dernières dates de sa tournée.
En 1978 paraît un opuscule intitulé Faut-il brûler Sardou ?, symbole du climat hostile qui entoure la carrière du chanteur à cette époque.
Devant l’ampleur des évènements, Michel Sardou prend du recul avec la chanson. Il décide de revenir dès 1977, mais semble délaisser la Provocation et la prise de position Politique. Les albums de 1977 et 1978 (qui lui permettent d’enregistrer des records de vente, preuve que les événements récents n’ont pas altéré sa popularité) font la part belle à l’Introspection, au retour vers l’Enfance et à l’Amour (Dix ans plus tôt, En chantant, Je vole…).
Les albums de 1979 et 1980, qui poussent plus loin cette logique intimiste et personnelle, marchent moins bien que les précédents.
Des rumeurs circulent d’ailleurs un temps sur une éventuelle maladie grave, car Sardou se fait plus rare dans les médias. Il semble que les événements de 1976 l’aient durablement affecté. À propos de la chanson En chantant, il déclarera :
« J'avais besoin d'une vraie chanson populaire, facile à entendre et simple à retenir. Les chansons de combat commençaient à me fatiguer. J'avais dans l'idée de changer de métier. J'étais malade, et aucun médecin ne savait de quoi je souffrais. Quelqu'un m'a conseillé de partir en voyage ; en m'assurant que j'allais m'ennuyer partout, mais qu'en rentrant je serais guéri. Je suis parti… »
En outre, la fréquentation de ses spectacles, au Palais des Congrès de Paris, puis à partir de 1989, au Palais omnisports de Paris-Bercy, est sans cesse croissante. Il se produit la plupart du temps à guichets fermés et bat des records de durée dans plusieurs salles. Les Français le citent régulièrement comme leur chanteur préféré, devant Johnny Hallyday et Jean-Jacques Goldman.
On note par ailleurs que les textes de Sardou sont devenus beaucoup plus consensuels. Même les quelques titres « engagés » (le chanteur réfute encore et toujours ce qualificatif) qu’il sort pendant la décennie ne suscitent aucun émoi, que ce soit Vladimir Ilitch (1983), à la fois hommage aux idéaux de Lénine et dénonciation des dérives du régime communiste en URSS, Les deux écoles (1984), prise de position en faveur de l’école libre au moment de la loi Savary, ou Musulmanes (1987), regard amer sur la condition de la femme dans les pays arabes. Cette dernière chanson, qui se veut avant tout un hommage aux femmes arabes, fera par ailleurs l'effet d'un démenti aux suspicions de racisme qui avaient pu planer sur lui, tout comme Le privilège (1990) sera perçu comme un démenti aux accusations d’homophobie portées à son égard.
En 1987, Michel Sardou obtient la reconnaissance de ses pairs en recevant la Victoire de la musique de la meilleure chanson pour Musulmanes. Quatre ans plus tard, ce sera la Victoire de la musique du Meilleur interprète masculin pour l’album Le Privilège et la tournée Bercy 91. Les années 1990-91 peuvent, par ailleurs, être considérées comme l'apogée de sa carrière en termes de succès et de reconnaissance de la part du public et de la critique.
Michel Sardou, qui était un ami de Coluche et était présent le jour de la création des Restos du Coeur, participera avec Jean-Jacques Goldman, Johnny Hallyday, Véronique Sanson et Eddy Mitchell à la toute première tournée des Enfoirés en 1989 (il y participera également en 1998, 2004 et 2005).
Sardou est sûrement moins dans l’air du temps, mais ce déclin relatif s’explique en partie par sa rupture avec ses principaux collaborateurs (Pierre Delanoë pour les paroles et Jacques Revaux pour les compositions), ainsi que par une priorité nouvelle donnée à ses activités d’acteur. Il joue dans un film, Promotion canapé, en 1991, plusieurs téléfilms, et monte plusieurs fois sur les planches.
S’il se distingue moins en radio, Sardou n’en rencontre pas moins toujours le même succès sur scène, continuant à battre des records de fréquentation (il obtient en 1998 la victoire de la musique du plus grand nombre de spectateurs en tournée). De même, ses ventes de disques ne déclinent pas, du fait de la fidélité de son public.
Au terme de la tournée Bercy 2001, Sardou annonce vouloir mettre fin à sa carrière de chanteur.
Mais avec la signature, en 2004 soit après 35 ans chez Tréma, d’un nouveau contrat auprès de la major du disque Universal Music, la sortie d’un nouvel album intitulé Du plaisir, la participation comme parrain à l’émission Star Academy, et l’organisation d’une nouvelle grande tournée en 2004 et 2005 au Palais des Sports de Paris, à l’Olympia, en province, en Belgique, en Suisse et au Canada, Michel Sardou a prouvé qu’il n’avait pas renoncé à sa carrière de chanteur. Ce retour est couronné d’un succès commercial certain, puisque son album s’est vendu à plus de 1 200 000 exemplaires et que Sardou a été, en 2004, le chanteur le mieux payé de France. Le Duo avec le chanteur québécois Garou, La rivière de notre enfance, lui ouvre à nouveau les portes des principales radios musicales généralistes, chose qui n’était plus arrivée depuis 1992.
Son nouveau double album, intitulé Hors format, est sorti le 13 novembre 2006. Il comprend 23 nouvelles chansons dont un duo avec Chimène Badi, Le chant des hommes. Le premier extrait de cet album est Beethoven, disponible en téléchargement légal depuis le 11 septembre 2006. Hors format a atteint depuis les 400 000 exemplaires vendus, il est double platine.
En 2007, il entame une tournée qu'il dit être la "dernière", qui passe entre autre par le Zénith de Paris et l'Olympia.
(P) uniquement 45 tours / single de promotion (hors commerce)
Article détaillé : .
Mais ces collaborations ne doivent pas occulter son actif d'Auteur et de Compositeur, voire d'Auteur-compositeur. Il a en effet signé ou cosigné 90% des textes de son répertoire, dont un tiers en tant qu'unique auteur. Il a également contribué à la composition de 15% de ses chansons, dont un tiers seul. Il est également auteur et compositeur unique sur neuf de ses titres.
On remarque donc que Michel Sardou n'est pas seulement l'interprète d'un répertoire taillé sur mesure par des collaborateurs, mais bien un auteur à part entière, et un compositeur occasionnel, bien qu'il ne soit pas un auteur-compositeur-interprète au sens strict, c'est-à-dire l'unique artisan de la quasi-totalité de son répertoire.
Les seules constantes qui semblent se dégager dans l'hétérogénéité des orchestrations et des mélodies sont l'importance des cuivres et la récurrence des envolées vocales, qui sont mis au service d'un certain sens de la dramatisation et d'un lyrisme que ses détracteurs qualifient volontiers de grandiloquent. Ces traits typiques se retrouvent dans bon nombre de ses succès : Le France, Les Lacs du Connemara, Je vais t'aimer, Vladimir Ilitch, Musulmanes… Certaines de ses chansons, moins connues, poussent à l'extrême ces caractéristiques et rentrent dans une tonalité qu'on peut qualifier d'épique : Un roi barbare, L'an mil, Je ne suis pas mort je dors, Un accident, Vincent, Loin, Beethoven…
Ainsi les chansons sur l'Amour sont les plus nombreuses (on compte parmi les plus célèbres Je vais t'aimer, La maladie d'amour, Et mourir de plaisir…), ce qui n'est pas étonnant de la part d'un chanteur dit "de variétés". Mais elles sont suivies de près par les chansons relatives à la Politique et à la description de notre société (environ 35 chansons). On retrouve dans cette catégorie des chansons telles que J'accuse, Le France, Les deux écoles, Le bac G, ou récemment Beethoven et Allons Danser…
Sardou semble également accorder une grande importance à l'Enfance, ainsi qu'aux relations entre parents et enfants (une quinzaine de titres) : Je vole, Il était là, Une fille aux yeux clairs, Une femme ma fille, Petit… Non sans lien avec ce précédent thème, on trouve également de nombreuses chansons consacrées au temps qui passe et à la Mort (une vingtaine de chansons), parmi lesquelles Je ne suis pas mort je dors, La même eau qui coule, Les Routes de Rome…
Les thèmes de l'armée et de la guerre sont omniprésents dans nombre de ses chansons. Il semble que Sardou ait été profondément marqué par son service militaire (Le rire du sergent, Encore 200 jours) et que la guerre est un sujet qui l'interpelle (Verdun, La marche en avant, Les Ricains, La bataille, Si j'avais un frère...).
Enfin, ce qui marque le plus sa différence vis-à-vis des autres chanteurs de variétés, son répertoire comporte de nombreuses chansons de Voyage, évoquant une contrée éloignée (environ 25), telles que Les lacs du Connemara, Afrique adieu ou Musulmanes, et sur l'Histoire (une quinzaine) dont L'an mil, Danton ou Les Ricains.
Michel Sardou continue aujourd'hui à placer Les Ricains, Chanteur de Jazz et La Java de Broadway dans ses spectacles. Il faut savoir qu'il n'a chanté depuis 1973 qu'à deux reprises Les Ricains en concert : c'était en 1991, au moment de la Guerre du Golfe et en 2004 et 2005, lors de la seconde intervention Américaine en Irak.
Il revendique avoir voulu « faire du Brel » au tout début de sa carrière, pendant l'époque antérieure aux Bals populaires. L'influence du chanteur belge se retrouvera dans de nombreuses chansons, particulièrement dans Le surveillant général. Sardou n'a jamais caché non plus son admiration pour Charles Aznavour et l'influence que celui-ci a pu avoir sur son oeuvre. Michel Drucker déclare en 1994 que « dans le registre de la chanson populaire de qualité Michel est le successeur naturel de Charles… ». Dans son répertoire, les références à Charles Trenet sont le reflet d'une autre de ses inspirations (L'Anatole, 1979, La maison des vacances, 1990).
Il est également difficile de discerner clairement ses héritiers parmi les chanteurs de la génération qui le suit. Mais on retrouve derrière le succès de Florent Pagny des recettes très proches de celles qui ont assuré la réussite de Sardou. D'autres chanteurs, comme Patrick Bruel ou Garou exploitent la fibre « chanteur populaire », et ne cachent d'ailleurs pas leur admiration pour lui. Bénabar est également quelquefois comparé à lui, ayant même été qualifié de « Sardou de gauche », mais, contrairement à Florent Pagny, il nie que Sardou ait eu une influence sur son oeuvre .
Sardou pousserait donc sa phallocratie au point de faire l'apologie du Viol dans ses chansons. Il serait également le chantre d'une sexualité où le rôle de l'homme serait magnifié et celui de la femme rabaissée, la référence à Sade dans Je vais t'aimer (1976), n'étant pas perçue comme anodine (« A faire pâlir tous les Marquis de Sade/A faire rougir les putains de la rade/A faire crier grâce à tous les échos/A faire trembler les murs de Jéricho/Je vais t'aimer ») . Le Sexisme supposé de Sardou peut donc se résumer ainsi :
« Ne manque à ce tableau que le sexisme, ou la phallocratie, comme on voudra. Point n'est besoin de chercher très loin. Car la femme est ici conforme aux images d'Épinal d'une société méditerranéenne. Épouse, mère ou putain, la femme de l'univers Sardou n'a pas sa place en ces lieux de réjouissance publique, à elle le lit, les couches ou le bordel. Épouse, donc, elle a pour rôle principal de fournir des têtes blondes à la France. »
J'habite en France (1970) l'installera par la suite dans le rôle du chantre populiste de la « France profonde », de la « majorité silencieuse ». Il a longtemps été présenté comme le principal chanteur de droite français, une droite conservatrice et patriotique modérée (post-gaulliste), mais ses plus ardents pourfendeurs iront beaucoup plus loin dans la dénonciation, comme sur ce tract de 1977, où on peut lire :
« Appel au fascisme : nous n'entendons plus que des chansons racistes, ou l'apologie du Nazisme, d'ailleurs son service d'ordre est composé de militants de partis d'Extrême droite, néo-fascistes. Avec Minute et Le Parisien, il est l'outil insidieux d'une fascisation grandissante. Ces chansons et journaux incitent à la Haine et à la Violence. Ces idées sont dangereuses !! »
Je suis pour, qui donne la parole à un père dont le fils vient d'être assassiné, et qui jure en des termes crus et violents qu'il retrouvera l'assassin et le tuera, mettra définitivement le feu aux poudres. Sardou est accusé d'instrumentaliser les peurs et les polémiques, alors que la France se passionne pour le meurtre du petit Philippe Bertrand par Patrick Henry, et de contribuer à l'appel au lynchage. Et surtout, le chanteur est montré du doigt par toute une partie de la gauche (et une frange minoritaire de la droite) acquise aux idées abolitionnistes de Robert Badinter, comme l'apologète de la peine capitale :
Pour se défendre, il utilise régulièrement un argumentaire sur la nature et la valeur de ce qu’est une chanson. Il affirme en effet ne pas chercher à transmettre de message politique ou idéologique à travers ses textes, et considère que les réactions passionnées et politisées qu'ils ont pu susciter sont injustifiées et erronées, car en décalage avec ses intentions :
« Je ne me rendais pas bien compte non plus de la portée des chansons. Pour moi, ce n'étaient que des chansons. Pas des professions de foi. »
Sa thèse est ainsi celle d’un cantonnement du chanteur dans la sphère artistique : l’artiste peut traiter de sujets politiques et polémiques, mais toujours dans une démarche purement esthétique et scénique, et non par activisme militant.
Cette conception exclusivement artistique du rôle du chanteur confère à celui-ci une certaine latitude dans le choix des idées à exprimer : n’étant pas prisonnier de son propre « je » par son refus de délivrer un quelconque message idéologique, il pourrait dès lors interpréter des personnages à la première personne sans qu’il y ait identité entre ses propres idées et celles du personnage incarné. Par exemple, il peut adopter, le temps d'une chanson, le point de vue d'un homme de gauche (Vladimir Ilitch, où il prend la parole au nom d'un Soviétique rendant hommage à Lénine, « Toi, Vladimir Illitch, , Toi qui avais rêvé l'égalité des hommes ») et, dans une autre chanson, s'exprimer au nom d'un homme de droite (Le Temps des Colonies, qui donne la parole à un ancien colon français regrettant l'époque des « tirailleurs sénégalais qui mouraient tous pour la patrie »); mais il serait une erreur de croire, dans un cas ou dans l'autre, que Sardou cherche à faire part de ses convictions personnelles.
Cette dissociation entre personnage et interprète se rapproche de la démarche du comédien :
« Ces gens-là ont du mal à admettre que lorsque l'on interprète comme moi quinze, dix-huit chansons sur scène chaque soir, on n'est pas forcément sincère, on joue des personnages. Comme un acteur va jouer un curé, un pédéraste, un aubergiste, moi je joue un vieux marié, un bateau, un prince. Ce sont des rôles que je me distribue. Alors certains viennent me chercher des idées que je n'ai pas eues en lisant trop entre les lignes. »
Aussi bien capable de parler au nom d’un curé (Le Curé), du père d’un enfant assassiné (Je suis pour), d’un bateau (Le France), de Danton (Danton), d'un otage (Le Prix d'un homme), d’une vieille femme (Victoria), d’un adolescent homosexuel (Le Privilège) ou d'un soldat qui se moque de son sergent homosexuel (Le Rire du Sergent), Sardou se met à la place de différents personnages dont il exprime le point de vue, en conservant le « je » comme mode d’expression privilégié. Il brouille ainsi les pistes et les repères, et de son répertoire se dégage une grande quantité d'ambiguïtés et de contradictions. Les polémiques que Sardou a provoquées ne seraient donc que le résultat d'une mauvaise interprétation de ses intentions réelles. Il dira ainsi, en 1989, à propos du Temps des Colonies :
« Le ciel m'est tombé sur la tête. Je croyais camper un de ces personnages de bistrot qui racontent toute leur vie la bataille d'Indochine. J'ai en partie échoué. Certains journalistes ont compris l'opposé : je sublimais les années coloniales ! J'incitais à la haine raciale ! J'aime chanter à la première personne. J'entre ainsi dans un rôle comme le ferait un comédien. L'engagement est joué. La scène n'est pas un lieu où je me confesse. Le malentendu vient toujours de ceux qui n'écoutent pas. On leur dit : «Sardou chante les colonies, c'est honteux !» Alors c'est un scandale ! »
Finalement, après 40 ans de carrière et 300 chansons, il est très difficile de distinguer une quelconque cohérence idéologique dans le corpus des textes de Sardou.
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