Norodom Sihanouk est un homme politique cambodgien qui fut roi, président puis à nouveau roi du Cambodge. Il fut aussi poète, romancier, journaliste et cinéaste.
Biographie
Norodom Sihanouk, né le
31 octobre 1922 à
Phnom Penh, suit des études secondaires au Lycée Chasseloup Laubat de
Saïgon au
Vietnam, le Cambodge n'ayant pas d'écoles secondaires. C'est le gouverneur général de l'
Indochine, l'
amiral Decoux qui lui annonce au début
1941 que la France nourrit des ambitions politiques pour sa personne et lui remet quelques mois plus tard la couronne d'or des souverains d'
Angkor.
Bouddhiste, considérant que « monogamie égale monotonie », il prend plusieurs épouses et leur fait de nombreux enfants. Au début de son règne, il s'occupe aussi beaucoup du Ballet royal.
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Carrière politique
- Roi du Cambodge, du 24 avril 1941 au 3 mars 1955, élu par le Conseil de la couronne, il succéde à son grand père le roi Sisowath Monivong, et cédant lui-même le trône à son propre père Norodom Suramarit.
- Chef de l'État (sans le titre de roi), d'Avril 1960 au 18 mars 1970, il succéde à son père après sa mort. Il est lui-même renversé, durant son absence, par un coup d'État du général Lon Nol. et fonde à Pékin, un gouvernement en exil.
- Chef de l'État symbolique, en avril 1975, le pouvoir réel étant exercé par les Khmers rouges emmenés par Pol Pot. Le 4 avril 1976, Norodom Sihanouk était à nouveau contraint à l'exil en Chine.
- En 1979, il crée la Confédération des Khmers nationalistes à Pyongyang (Corée du Nord).
- Président du gouvernement de coalition du Cambodge démocratique, de 1982 à 1989, rôle essentiellement honorifique, le prince restant en exil à Pékin.
- Revenu au Cambodge le 14 novembre 1991, le prince fut à nouveau chef de l'État du 20 novembre 1991 au 24 septembre 1993.
- De nouveau roi du Cambodge du 24 septembre 1993 au 7 octobre 2004. Il a abdiqué de son titre de roi, choisissant pour successeur son fils Norodom Sihamoni.
Action politique
La France en soutenant Norodom Sihanouk espérait qu'il serait aussi docile que jadis l'empereur du Vietnam
Bảo Đại.
Devenu Dieu Roi, il se fait appeler Samdedh'Euv (Monseigneur Papa) et exige que les paysans se prosternent à ses pieds, considérant que « c'est l'expression de l'unité du royaume ».
En 1953, il obtient pacifiquement de la France l'indépendance de son pays, mais la guerre du Vietnam fait rage aux frontières de son royaume.
En 1956, il devient co-fondateur du Mouvement des pays non-alignés avec le président Yougoslave Josip Broz Tito, le président Égyptien Gamal Abdel Nasser, le président Indonésien Soekarno et le Premier ministre indien Jawaharlal Nehru.
En 1960, à la mort de son père, élu à l'unanimité, il reprend sa place de Roi.
Au début des Années 1960, il se rapproche des pays de l'Est et le Cambodge accueille alors plus de mille experts soviétiques. Il permet aussi à quarante mille soldats nord-vietnamiens et vietcong de s'installer dans son pays. De fait sous couvert d'une neutralité officielle il choisit le camp communiste ce qui correspond à une déclaration de guerre contre les Américains. Plus tard il expliquera qu'il avait fait cette alliance pour sauver sa monarchie et museler les communistes cambodgiens.
Sa police continue à pourchasser les communistes khmers qu'il qualifie de « rouges » et qu'il accuse de conspirer contre lui. En 1967, il déclare se moquer de la Constitution et des lois du royaume, et il fait exécuter sans jugement des centaines de khmers.
À la fin des Années 1960, il entreprend un rapprochement avec les Chinois exprimant sa vénération pour Zhou Enlai et Mao Zedong, qui savait le flatter en lui disant que s'il était Chinois, il serait l'empereur de Chine. Les Russes n'apprécient pas ce rapprochement qu'ils considèrent comme une trahison.
Au Cambodge même, de nombreux scandales financiers touchent la famille royale et la population commence à se fatiguer de ses facéties et de ses caprices. Une opposition se fait jour et le 6 janvier 1970, terrorisé par la peur d'être assassiné, il se réfugie en France à Grasse, officiellement pour des problèmes neuro-psychologiques.
Le 18 mars 1970, alors que Norodom est en visite en URSS, le général Lon Nol, chef du gouvernement, le renverse. Immédiatement, le roi part à Pékin pour fonder un gouvernement en exil, et se range du côté du Nord Viêt Nam espérant du gouvernement de Hanoï de l'aide militaire pour lutter contre le gouvernement dissident du Cambodge. Le 23 mars 1970, il devient Président du FUNC (Front uni national du Cambodge) et en avril, à Canton il est l'initiateur de la Conférence au sommet des peuples indochinois regroupant le Premier ministre nord-vietnamien Pham Van Dong, le Président du Front national de libération du Sud-Vietnam Nguyen Huu Tho et le Président Souphanouvong du Neo Lao Haksat.
Le 17 avril 1975 : L'Armée populaire de libération nationale du FUNC remporte la victoire militaire. Le Kampuchea démocratique est fondé et Norodom Sihanouk en devient le Président. Cependant en Avril 1976 il démissionne, contraint à l'exil en Chine.
En 1982 il en redevient Président, rôle essentiellement honorifique, le prince restant en exil à Pékin, et il est aussi le chef de la Résistance nationale du Cambodge.
Le 17 juillet 1991, Norodom quitte la Présidence du Kampuchea Démocratique et de la R.N.C. pour se placer au dessus des factions et partis politiques Cambodgiens. Les 11 membres du Conseil national suprême du Cambodge l'élisent Président.
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Norodom Suramarit | Avis et citations- Selon Kukrit Pramoj, ancien premier ministre thaïlandais : « Juste une girouette, toujours en représentation. »
- Selon Richard Nixon, l'ancien président des États-Unis : « Un ambitieux vaniteux, terriblement touche-à-tout. »
Livres- Norodom Sihanouk : « Prisonnier des Khmers rouges », éd. Hachette 1986.
Norodom Sihanouk: " la CIA contre le Cambodge " éd. Maspero 1974 Liens externes |
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