Patrick Devedjian, né le
26 août 1944 à
Fontainebleau (
Seine-et-Marne), est
avocat et homme politique
français, membre de l'Union pour un mouvement populaire (UMP). Il est président du conseil général des Hauts-de-Seine et secrétaire général de l'UMP .
Biographie
Fils d'un ingénieur
arménien, né à
Sivas en
Turquie, immigré en France à cause du
Génocide arménien, et d'une mère née à
Boulogne-sur-Mer, Patrick Devedjian est élevé au Collège arménien de
Sèvres. La guerre d'Algérie ravive en lui le souvenir du génocide fui par son père et suscite son engagement
nationaliste de jeunesse.
Élève au Lycée Condorcet, il poursuit une maîtrise de droit à la faculté de droit d'Assas, puis entre à l'Institut d'études politiques de Paris.
Avocat au barreau de Paris depuis 1970, il a notamment défendu Jacques Chirac et Charles Pasqua.
Carrière politique
Ses débuts
En
1964, Patrick Devedjian, comme
Alain Madelin,
Hervé Novelli,
Claude Goasguen et
Gérard Longuet, qui ont alors une vingtaine d'années, rejoint le groupe activiste d’extrême droite Occident fondé par
Pierre Sidos. Patrick Devedjian affirme avoir quitté ce mouvement en
1966 suite à sa rencontre avec
Raymond Aron. Cependant, selon le journaliste Frédéric Charpier, repris par le quotidien
Libération, P. Devedjian est membre de ce mouvement au moins jusqu'en janvier
1967, son éloignement d'Occident étant dû au climat délétère qui règne en son sein à cette époque. Il a depuis publiquement assumé et regretté ce qu'il considère comme une erreur de jeunesse. En
1970, il dirige la revue
Contrepoint, qui fut l'ancêtre de
Commentaire.
Adhérent au RPR
Durant les années qui suivent, sa carrière d'avocat et ses convictions politiques l'amènent à se rapprocher du tout nouveau RPR, dont il rédige les statuts avec
Charles Pasqua, dont il est proche.
En 1977, la liste de gauche emmenée par le sénateur communiste André Aubry gagne les élections municipales à Antony. Anti-communiste convaincu, Devedjian se présente au nom du RPR pour reprendre la ville.
Il est battu aux législatives de 1978, ainsi qu'aux cantonales de 1982 et aux municipales de mars 1983. Cependant, lors de ces dernières élections, après un recours au tribunal administratif et au Conseil d'État, l'élection est annulée pour fraude ; il sort vainqueur de la seconde élection et est élu maire d'Antony. Sur sa liste, Jean-Yves Le Gallou est adjoint à la culture en tant que membre du Parti républicain : mais quand il adhère au Front national en 1985, Patrick Devedjian l'exclut de la majorité municipale .
Député
Élu
député en
1986, il est membre jusqu'en
2002 de la commission des finances. Rapporteur des accords du GATT en
1993 puis du budget de la Justice entre
1997 et
2002, il est l'un des rares parlementaires du Rassemblement pour la République (RPR) à avoir voté en faveur du traité de Maastricht en
1992. Au sein du RPR, il est classé parmi les
libéraux.
Durant la campagne présidentielle de 1995, il est, avec Nicolas Sarkozy, un fervent partisan d'Édouard Balladur. Après que le duel Jacques Chirac/Édouard Balladur s'est soldé par la défaite du camp Balladur, il traverse une période de pénitence au sein du RPR comme la plupart des balladuriens. Il rentrera en grâce durant la campagne présidentielle de 2002.
Ministre
La droite gagne en
2002 ; sous l'autorité de
Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, il est nommé ministre délégué aux Libertés locales. En raison de la demande de
Jacques Chirac que les ministres n'exercent plus de mandat exécutif, il démissionne de son poste de maire d'Antony en faveur de l'un de ses adjoints, Raymond Sibille, puis Jean-Yves Sénant. C'est son suppléant
Georges Siffredi qui devient député comme la loi le prévoit.
Lorsque Nicolas Sarkozy est nommé à l'Économie et aux Finances, Patrick Devedjian devient ministre délégué à l'Industrie jusqu'en Mai 2005, date à laquelle il n'est pas repris dans le gouvernement Villepin. Georges Siffredi démissionne alors pour lui permettre d'organiser des élections anticipées : Patrick Devedjian est réélu député de la 13ème circonscription des Hauts-de-Seine (Antony, Bourg-la-Reine, Châtenay-Malabry, Sceaux) en Octobre 2005.
Lorsque Nicolas Sarkozy démissionne pour prendre la présidence de l'UMP, Patrick Devedjian estime que celui-ci incarne une politique de droite « décomplexée » et libérale.
Comme conseiller politique de Nicolas Sarkozy, Patrick Devedjian est un des premiers membres de l'UMP à se prononcer publiquement pour le retrait du CPE, bien qu'il ait préalablement défendu à plusieurs reprises cette mesure, issue d'une convention de son parti.
Présidence Sarkozy
Lors de l'élection présidentielle de 2007, il soutient naturellement la candidature de
Nicolas Sarkozy. , poste qui sera confié à
Rachida Dati. Le
18 mai 2007 , Patrick Devedjian ne fait pas partie du Gouvernement François Fillon (1) et fait part de son agacement quant à l'ouverture prônée par
Nicolas Sarkozy en déclarant « Je suis pour un gouvernement d'ouverture, y compris aux Sarkozistes, c'est tout dire ». Il succède à Nicolas Sarkozy à la présidence du Conseil général des Hauts-de-Seine le
1er juin 2007.
Nommé secrétaire général délégué de l'UMP en remplacement de Brice Hortefeux, puis Secrétaire général le 25 septembre 2007, il partage la direction de l'UMP avec Jean-Pierre Raffarin, premier vice-président.
En Juin 2007, Patrick Devedjian, pour avoir qualifié de « salope » l'ex-députée Anne-Marie Comparini (MoDem) au cours d'une discussion informelle filmée par la chaîne locale TLM, s'attire la condamnation de nombreux politiques et du président de la République pour ses propos et présente ses excuses à Anne-Marie Comparini en privé puis en public.
Mandats politiques
- depuis 2007 : Président du conseil général des Hauts-de-Seine et Secrétaire Général de l'UMP
- 2004 - 2007 : Conseiller Général et vice-président du Conseil général des Hauts-de-Seine
- 2004 - 2005 : Ministre délégué à l'Industrie
- 2003 - 2005 : Président de la communauté d'agglomération des Hauts de Bièvre
- 2002 - 2004 : Ministre délégué aux Libertés locales
- 2002 - 2005 : Deuxième adjoint au maire d'Antony (Hauts-de-Seine)
- 1999 - 2001 : Porte-parole du Rassemblement pour la République (RPR)
- 1986 - 2002, puis depuis 2005 : Député des Hauts-de-Seine
- 1983 - 2002 : Maire d'Antony (Hauts-de-Seine)
Il est également secrétaire départemental de la fédération UMP des Hauts-de-Seine.
Engagements divers
Communauté arménienne
Engagé au sein de la communauté
arménienne de France, dont il est issu, Patrick Devedjian milite notamment pour la reconnaissance du
Génocide arménien par la
Turquie. Il est d'autre part à l'origine du réexamen parlementaire, huit ans après une première tentative infructueuse de la gauche, d'un projet de loi finalement adopté en octobre 2006 et par lequel la France reconnaît l'existence du génocide arménien.
Vingt ans plus tôt, en 1985, Patrick Devedjian avait qualifié de « résistance » les actions de l'organisation terroriste Armée secrète arménienne de libération de l'Arménie (Asala) qui a commis une centaine d'attentats entre 1975 et 1983 dans le but de forcer la reconnaissance du génocide arménien par la Turquie et la communauté internationale. Il a d'ailleurs été l'avocat de certains membres de l'Asala.
Adhésion de la Turquie à l'UE
Patrick Devedjian milite contre l'entrée de la Turquie dans l'
Union européenne, estimant qu'elle ne respecte pas encore les critères de Copenhague. Selon lui, la Turquie n'assume pas son passé (négation du génocide arménien), ne reconnaît pas certains États membres de l'Union européenne (la République de Chypre) et persécute certaines minorités (les
Kurdes).
Dans son livre À moi le ministère de la parole, il écrit :
- « Je reste donc très favorable au dialogue avec la Turquie, malgré sa brutalité et son attitude inacceptable, symbolisée par l'occupation militaire d'une partie du territoire européen - la moitié nord de Chypre - au moment même où elle demande à y être intégrée juridiquement. » (p.190) ;
- « L'entrée de la Turquie est incompatible avec le projet européen, qui repose justement, pour chacun des pays qui y adhèrent, sur le deuil du nationalisme. C'est la raison pour laquelle la Turquie refuse de reconnaître le génocide arménien et traine en justice ceux qui s'en indignent, comme l'écrivain Orhan Pamuk. Ce serait vécu comme une humiliation. De même, l'évacuation de Chypre-nord et la reconnaissance de Chypre-sud seraient vécues comme une défaite. Cela explique enfin pourquoi la Turquie ne peut accepter d'abriter une minorité kurde : ce serait ressenti comme un démembrement de la nation, une menace pour son unité » (p. 191).
Autres affiliations
Patrick Devedjian est membre du
Mouvement européen-France depuis le début des
Années 1990. Il en a été le vice-président jusqu'en 2002. Par ailleurs il a été membre de la Commission Trilatérale, et invité aux
Bilderberg Meetings en
1993 et en
2006.
Publications
- Le temps des juges, Flammarion (1996), (ISBN 2080670670).
- Penser la droite, Plon (1999), (ISBN 2259190995).
- À moi le ministère de la parole, L'Archipel (2006), (ISBN 2841877620).
- Décentralisation : la tapisserie de Pénélope, Commentaire n°113, Printemps 2006.
Bibliographie
- Frédéric Charpier, Génération Occident : de l'extrême droite à la droite, éd. du Seuil, 2005, (ISBN 2020614138).
- Frédéric Charpier, Nicolas Sarkozy, enquête sur un homme de pouvoir , éd. Presses de la Cité, 2006, (ISBN 2258068800), p. 215 et s.ce
Notes et références
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Liens externes