Située au confluent de la rivière du Loup et du fleuve Saint-Laurent, la ville occupe une situation de carrefour entre
), et la rive nord du fleuve Saint-Laurent. Cette localisation lui vaut d'être desservie par le chemin de fer - qui est à l'origine de l'expansion de la ville au XIXe siècle - de même que par les autoroutes 20 (route transcanadienne) et
. Elle est reliée à la région de
, sur la rive nord du fleuve Saint-Laurent par un service de traversier saisonnier. Un petit aéroport situé dans la municipalité voisine de Notre-Dame-du-Portage dessert aussi la ville.
La ville est érigée sur une série de plateaux qui s'élèvent à partir du fleuve Saint-Laurent jusqu'à une altitude de près de 200 mètres. Cette topographie accidentée en escalier explique la présence de plusieurs chutes spectaculaires sur la rivière du Loup, au centre de la ville. Ces chutes ont été exploitées dès le XIXe siècle pour la production d'énergie, qui à son tour a permis l'installation de nombreuses petites industries. Aujourd'hui encore, la ville demeure un des principaux centres industriels de la région du Bas-Saint-Laurent.
), elle est le chef-lieu d'une MRC (municipalité régionale de comté) comprenant 32 988 habitants. Elle est aussi au centre d'un bassin économique de près de 90 000 habitants couvrant le territoire des MRC de Kamouraska,
. Rivière-du-Loup et Saint-Patrice-de-Rivière-du-Loup, aujourd'hui fusionnés, comptaient 17 210 habitants en
. La population a donc augmenté de 7,8% en 15 ans sur le territoire actuel de la ville.
Son économie est basée sur l'exploitation et la transformation des ressources naturelles (forêts et tourbières), et sur plusieurs industries, commerces et services. Le tourisme et la culture sont aussi économiquement présents. Au total, plus d'un millier d'entreprises en
(secteur primaire 8,2%, secteur secondaire 16,5% et secteur tertiaire 75,3%). Les PME prennent maintenant une place très importante dans cette économie au point que la ville se classe, à ce chapitre, parmi les meilleures au Québec et au Canada. Elle s'est d'ailleurs vue décerner en 2006 le titre de "ville entrepreneuriale au Québec".
Histoire
Dates importantes
- Le site de Rivière-de-Loup aurait été occupé par des marins français dès les Années 1600.
- En décembre 1673, la seigneurie de la Rivière-du-Loup est concédée, par la Compagnie des Indes Occidentales, à son agent Charles Aubert de La Chesnaye qui y adjoint les fiefs de Kamouraska en 1680 et de Témiscouata-Madawaska en 1683.
- En juillet 1763, les seigneuries et fiefs de la Rivière-du-Loup, sont cédées à James Murray, premier gouverneur de la nouvelle colonie britannique.
- En août 1802, la seigneurie de Rivière-du-Loup est vendue à Alexandre Fraser, fils du colonel Malcom Fraser. La seigneurie prend alors le nom de Fraser pluôt que Rivière-du-Loup
- En 1845 La seigneurie s'urbanisant au fil des ans, elle change de nom pour Fraserville.
- En 1859, Fraserville devient le terminus Est du chemin de fer le Grand-Tronc.
- En 1889, inauguration de la ligne de chemin de fer vers le Nouveau-Brunswick.
- En mars 1919, la cité de Fraserville devient la cité de Rivière-du-Loup.
- En juin 1926, un incendie ravage 57 bâtiments, dont près d'une trentaine d'édifices commerciaux.
- En juin 1939, visite du roi Georges VI et de la reine Élizabeth II.
- En août 1959, inauguration de l'aéroport.
- En mars 1968, inauguration du CHR (Centre hospitalier régional).
La paroisse mère de Saint-Patrice-de-la-rivière-du-Loup est érigée canoniquement en 1833 et civilement en 1842. En 1850, la municipalité du village de Fraserville se sépare de la municipalité de paroisse et deviendra la ville de Rivière-du-Loup en 1919. En 1852, les paroisses de Saint-Antonin et de Notre-Dame-du-Portage seront constituées à même le territoire de Saint-Patrice-de-la-Rivière-du-Loup. Le territoire résiduel gardera son identité municipale propre jusqu'en 1998, alors qu'il sera réuni à la ville de Rivière-du-Loup, après une séparation de 149 ans.
Un centre ferroviaire important
C'est en
1854 que la compagnie ferroviaire du
Grand Tronc confirme le projet de construire une ligne reliant
Montréal et Halifax complémentaire à la ligne
Montréal-
Portland complétée en
1852. Les autorités de l'époque désirant avant tout relier les provinces maritimes aux centres industriels du centre du pays, le tracé original de la compagnie n'est pas prioritairement vouée à la desserte et au développement de l'est du Québec. Ainsi, les plans prévoient que le tracé se fera par l'intérieur des terres pour des raisons économiques, laissant sans desserte la plupart des villages du Kamouraska de même que Fraserville. Sous les pressions des autorités locales, le tracé retenu dessert finalement Fraserville, qui devient même le terminus de la ligne. Les travaux débutent en
1858 et le chemin de fer est inauguré en
1860. Pendant les 15 années suivantes, cette ligne en cul-de-sac (Lévis-Fraserville) demeure sous-utilisée et a un effet modeste sur le développement de la ville, puisqu'elle ne permet pas encore de relier Montréal aux provinces maritimes. C'est la construction de l'intercolonial, inauguré en 1876, qui insuffle une véritable vitalité économique à Fraserville.
Exigé par le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse comme prix de leur rattachement à la fédération canadienne, le chemin de fer intercolonial doit adopter un parcours entièrement en terre canadienne, ce qui oblige pratiquement son passage par Fraserville. Ce réseau fera de Rivière-du-Loup pour près de 100 ans un point névralgique pour le routage des marchandises entre les Maritimes et le centre du pays, le ravitaillement en charbon et en eau des locomotives ainsi qu’une escale importante pour les voyageurs. L’effet est si important qu’en 1900 la ville compte 5 000 habitants contre 1 800 pour Rimouski, confirmant aussi le rôle de pôle économique régional pour l’est du Québec.
L’ajout du chemin de fer du Temiscouata en 1889 facilite l’exploitation des ressources forestières de la région jusqu’au Maine, les différentes scieries de Rivière-du-Loup transforment ensuite la matière avant de l’expédier par la voie maritime.
C’est en 1952 que le déclin de l’activité ferroviaire débute, en grande partie avec la fermeture des ateliers de réparation du matériel roulant du CNR. L’amélioration des technologies amène un accroissement de la fiabilité et une diminution du temps passé en atelier pour chaque kilomètre parcouru. Les activités de réparation sont alors transférées vers Charny et Moncton avec les employés de Rivière-du-Loup. La situation se détériore encore plus avec l’adoption massive des locomotives diesel dans les années 1950 à 1960, enlevant du même coup le besoin de ravitaillements en eau et charbon. L'abandon du chemin de fer du Témiscouata et la création du tronçon entre Saint-André et Pelletier Station en 1977 fait en sorte de déplacer une bonne partie du trafic continental entre Montréal et les provinces maritimes à l'ouest de Rivière-du-Loup. Aujourd'hui, Rivière-du Loup n'est plus qu'une étape parmi d'autres sur une ligne principalement utilisée pour relier Charny aux provinces maritimes.
Station Balnéaire
Dès l'arrivée du chemin de fer, Rivière-du-Loup devient une
Station balnéaire à la mode pour les classes aisées de l'époque grâce, entres autres choses, à la beauté de ses paysages, sa proximité du fleuve et à la fraîcheur de ses étés. Entre autres personnalités, les premiers ministres sir
John A. Macdonald et
Louis Saint-Laurent s'y reposaient l'été des tracas de l'administration du pays. Dès 1873, les lieux recevaient le titre de Capitale estivale du Canada, titre confirmé avec la très grande affluence de touristes américains.
Patrimoine
Le domaine seigneurial Fraser
Le domaine seigneurial Fraser, classé site historique provincial, comprend un manoir, ses dépendances et son terrain. Le manoir, construit en 1829, est un bâtiment de deux étages en brique rouge, coiffé d'un toit mansardé. L'ensemble situé sur une artère principale, au coeur de l'ancien noyau villageois de la municipalité, et inclut une composante archéologique.
Sixième seigneur de Rivière-du-Loup, Alexandre Fraser (mort en 1837) acquiert le manoir en 1834, et le bâtiment sera habité par ses descendants durant 155 ans. Le manoir est donc étroitement lié au développement socioéconomique de Rivière-du-Loup. La valeur patrimoniale du domaine seigneurial Fraser repose également sur son intérêt architectural. Le manoir, érigé en 1829, a été rénové en 1888. Les travaux sont effectués dans le style néo-Queen Anne, selon les plans commandés à l'architecte Georges-Émile Tanguay (1858-1923). Ayant subi peu de modifications depuis 1888, le manoir constitue le plus important exemple d'architecture résidentielle néo-Queen Anne à Rivière-du-Loup.
Parmi les bâtiments secondaires, se trouvent une remise et une glacière ainsi que les vestiges d'une étable, qui témoignent de la vie domestique des occupants des manoirs seigneuriaux au XIXe siècle. La glacière, particulièrement grande, illustre l'importance de la glace pour la conservation des denrées à cette époque et son mode d'entreposage en sous-sol.
La valeur patrimoniale du domaine seigneurial Fraser repose enfin sur son intégration harmonieuse à l'environnement. Il témoigne du courant Pittoresque répandu au XIXe siècle, selon lequel la maison constitue un élément du paysage au même titre que les jardins. La galerie qui entoure le manoir sur trois côtés et les portes-fenêtres, qui mènent directement du salon au jardin planté de fleurs et d'arbres fruitiers et comprenant un potager, reflètent cette volonté d'intégrer l'architecture à l'environnement. Établi dans la partie supérieure du terrain, le manoir offre, de la galerie, un point de vue admirable sur le fleuve Saint-Laurent et plus particulièrement sur l'Île-au-Lièvre.
Édifice de la Banque-de-Montréal
L'édifice de la Banque-de-Montréal, reconnu monument historique provincial, est un bâtiment en pierre de plan rectangulaire, de deux étages. Il est coiffé d'un toit à quatre versants aux combles habitables. L'immeuble, construit vers 1908, est situé sur la rue Lafontaine, l'artère commerciale principale de la ville.
La valeur patrimoniale de l'édifice de la Banque-de-Montréal repose sur sa rareté. Il demeure le seul édifice bancaire antérieur à 1930 à avoir conservé son usage original sur le territoire compris entre Montmagny et Matane. Les autres ont été démolis ou ont changé de vocation.
La valeur patrimoniale de l'édifice de la Banque-de-Montréal repose également sur sa représentativité. Il illustre le caractère monumental conféré aux édifices bancaires au début du XXe siècle. Ils sont conçus de manière à évoquer la force, la sécurité, la solidité et le prestige de l'institution et à inspirer confiance par l'utilisation d'un langage architectural classique et par la noblesse de leurs matériaux.
Toponymie
Dans sa Relation de 1634, le père Le Jeune signale le nom amérindien de la rivière, Capititetchouez. L'une des premières attestations de la dénomination Rivière du Loup figure, en 1673, dans l'acte de concession de la seigneurie de la Rivière-du-Loup à Charles Aubert de La Chesnaye (1632-1702), ancêtre de Philippe Aubert de Gaspé. Il revient au père Chrestien Le Clercq de signaler sans équivoque le nom de la rivière dans son livre Premier établissement... (1691), tome II : « & autres Nations Sauvages qui venaient en traite à l'habitation de la Rivière du Loup ». Cette dénomination a suscité plusieurs tentatives d'explication non parfaitement satisfaisantes. On l'a attribuée à la présence de nombreux loups marins anciennement. Certains croient que Jacques Cartier lui-même, ayant trouvé beaucoup de loups marins sur la grève de la rivière, lui avait donné ce nom. Or, on faisait la chasse au loup-marin dans cette région du pays, ce qui justifie, en partie, la concession d'une seigneurie à Aubert de La Chesnaye. Ces animaux pouvaient sûrement remonter l'estuaire de la rivière. D'autres pensent que le cours d'eau porterait cette appellation parce que Samuel de Champlain y aurait rencontré sur ses bords la nation des Loups ou Mahigans. Enfin, l'hypothèse la plus plausible veut qu'il s'agisse du nom d'un vaisseau, Le Loup, venu de France et dont l'équipage aurait été contraint d'hiverner dans l'estuaire de la rivière autour de 1660.
Sports
Rivière-du-Loup a accueilli les
Jeux du Québec durant l'été 1971 et les Jeux Canadiens de la francophonie en 2002.
Personnalités
- John McLoughlin, considéré comme le «père de l'Oregon».
- Nicolas Dickner, écrivain.
- Andrée Côté-Levesque, artiste-peintre
- Roger Lebel, acteur (Un zoo la nuit, etc.).
- Georges Pelletier, deuxième directeur du quotidien Le Devoir
- Hugues Lapointe, lieutenant-gouverneur de la province de Québec (fils de l'honorable Ernest Lapointe)
- Léo Lavoie de la Banque canadienne nationale
- Mgr Alexandre-Antonin Taché (23 juillet 1823)
- Dr David McLoughlin (frère du Dr John)médecin à la cour de Louis-Philippe, le roi des français
Municipalités limitrophes
Sources
Liens externes