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Le steampunk est un sous-genre de la science-fiction, dont l'intitulé a été forgé par allusion au Cyberpunk.
Caractéristiques
Le steampunk (littéralement
punk à vapeur, mais souvent traduit
futur à vapeur) représente tout simplement de la
Science-fiction écrite de nos jours mais qui se déroule au
XIXe siècle (ou ses environs temporels). Ce qui exclut évidemment un
Jules Verne ou un
H.G. Wells. La magnanimité contemporaine accepte les histoires se passant au début du XIX
e ou du XX
e siècle, bien qu'au départ l'ère victorienne soit l'époque adéquate. Par extension, sont assimilées également celles qui se déroulent dans le futur, quand leur décor rappelle l'esthétique de la fin du XIX
e siècle, ou que la société qu'elles décrivent ressemble à celle de cette période –
Les Chemins de l'espace (1993) de Colin Greenland, par exemple.
Si le genre principal est donc la SF, les textes relèvent, très souvent, aussi bien du Fantastique et de l'Aventure que du polar. Pourtant, pour les récits purement fantastiques se déroulant à la dite période, a été conçu le terme Gaslamp Fantasy (voir encyclopédie de la Fantasy de John Clute et John Grant), illustré notamment par Anne Rice. Le Steampunk peut rejoindre très fréquemment d'autres sous-genres comme le voyage temporel, l'Uchronie (histoire alternative) et les mondes parallèles.
Une des principales différences avec la SF écrite véritablement au XIXe siècle, réside dans l'emploi de thèmes actuels : il ne faut pas s'étonner d'y constater la présence d'ordinateurs et de génétique. En outre, l'humour est souvent omniprésent, bien des auteurs considérant le Steampunk comme un jeu littéraire. Signalons toutefois que ce genre ne se limite pas à la littérature : il a étendu ses ramifications au cinéma (C'était demain, Wild Wild West, les dessins animés Atlantis et Steamboy) et surtout à la bande dessinée, grande consommatrice devant l'éternel, de l'inédit Metropolis des époux Lofficier et Ted McKeever à la fabuleuse Ligue des gentlemen extraordinaires d'Alan Moore, en passant par le Tarzan revisité par Stan et Vince, ou par tous les détectives et aventuriers sacrifiant à la mode rétro (Adèle Blanc-Sec de Tardi, toute l'oeuvre de Winninger, Professeur Motus de Counhaye, Alcesteir Crowley de Cossu, etc.)
Esthétique
Un bref résumé exagéré serait de dire que les machines à vapeur ont tellement progressé que les moteurs à combustion interne n'ont pas vu le jour. L'esthétique de cette civilisation
uchronique s'en est trouvée très différente de la nôtre, puisque l'absence du développement du
Pétrole a entraîné la non existence des
matières plastiques, ainsi qu'un retard ou une absence de l'électricité et de l'
Informatique. Le tout se replace dans une ambiance architecturale et sociale de fin du XIX
e siècle. L'industrie du charbon étant très développée, en parallèle avec celle de la métallurgie, le
fer puddlé y tient lieu de matière première principale.
Tandis que l'ère de l'électronique tend inexorablement à la miniaturisation, l'élément esthétique fondamental du steampunk est son gigantisme. Cette technologie délibérément bloquée au stade de la machine à vapeur n'échappe jamais au gigantisme de constructions impressionnantes, faites de tuyauteries extraordinaires actionnées par des leviers et des claviers aussi nombreux que compliqués. Ses véhicules à vapeur semblent souvent lourds et difficilement maniables, exhibant toujours une très forte dépense d'énergie pour un rendement mécanique faible. Le héros classique de ce genre de thème est le mécanicien de génie.
Histoire
Tout a commencé, si l'on se réfère au terme Steampunk (forgé d'après celui de
Cyberpunk, à partir de
steam, vapeur, renvoyant à la Révolution industrielle), par les délires littéraires du trio d'amis
K.W. Jeter -
Tim Powers -
James Blaylock. Jeter a donné l'inédit
Morlock Night (1979) et
Machines infernales (1987), Powers
Les Voies d'Anubis (1983) et
Le Poids de son regard (1989), et Blaylock
Homunculus (1986) et
Le Temps fugitif (1992). Hormis
Le Poids de son regard, plus sombre, ce sont de véritables hommages (quoique lucides et souvent cruels), aussi frénétiques qu'humoristiques, à une époque révolue, qui marquait une révolution non seulement dans l'économie mais aussi dans les mentalités.
Cette mode inspira la création de nombreuses oeuvres. Parmi les plus célèbres exemples, citons : La Machine à différences (1990) de William Gibson et Bruce Sterling qui introduit l'ingénieur victorien Charles Babbage et Ada de Lovelace ; la trilogie des Loups-garous de Londres (1990-94) de Brian Stableford ; Anno Dracula (1992) et ses suites de Kim Newman ; La Liste des sept (1993) de Mark Frost ; La Trilogie Steampunk (1995) de Paul Di Filippo ; Les Vaisseaux du temps (1995) de Stephen Baxter ; Le Prestige (1995) de Christopher Priest ; L'Extase des vampires (1996), encore de Brian Stableford ; Darwinia (1998) de Robert Charles Wilson ; etc. LA trilogie "A la croisée des mondes" de Phillip Pullman a également de nombreux accents steam-punks, bien que l'élément "machine à vapeur" n'y soit pas présent.
La France n'a pas non plus été en reste, même si elle y est venue un peu tardivement, comme le prouve son anthologie Futurs antérieurs (1999) de Daniel Riche. Ces dernières années, la moisson est aussi riche que talentueuse : Les Grandes profondeurs (1991) et Bouvard, Pécuchet et les savants fous (2000) de René Réouven ; Les Inhumains (1992) de Serge Brussolo ; les deux opus de la Bibliothèque Noire (1998-99) d'Hervé Jubert ; L'Équilibre des paradoxes (1999) de Michel Pagel ; Confessions d'un automate mangeur d'opium (1999) de Fabrice Colin et Mathieu Gaborit ; La Cité entre les mondes (2000) de Francis Valéry ; La Lune seule le sait (2000) et Pandemonium (2001) de Johan Heliot ; L'Instinct de l'équarisseur (2002) de Thomas Day ; La Ligue des héros (2002) de Xavier Mauméjean ; et tant d'autres. Les amateurs de BD, eux, se délecteront avec le très vernien Le Démon des glaces (1974) de Tardi ou le méconnu Captain Hard (1989) de Walter Fahrer.
Mais d'autres titres, répondant aux mêmes critères, furent publiés avant 1979 : les exégètes les ont baptisés du doux nom générique de proto-Steampunk. Ce vaillant ancêtre peut s'enorgueillir d'oeuvres marquantes comme Le Voyage de Simon Morley (1970) et sa suite tardive Le Balancier du temps (1995) de Jack Finney ; la trilogie uchronique du dénommé Oswald Bastaple (1971-81) de Michael Moorcock ; Frankenstein délivré (1973) de Brian Aldiss ; les extravagances de Philip José Farmer comme Chacun son tour (1973) ou Le Saigneur de la jungle (1974) ; La Machine à explorer l'espace (1976) de Christopher Priest ; voire le plus polardisant Fata Morgana (1977) de William Kotzwinkle.
Il est possible de classer ces oeuvres en deux clans. Le premier représente celles qui créent leur propre univers dans les contraintes fixées (celles de Powers, Blaylock, Gibson & Sterling, Stableford). Le second, au contraire, ultra-référentiel, englobe celles qui se réfèrent à l'environnement littéraire et culturel de l'époque pour accumuler les personnalités réelles ou imaginaires (Sherlock Holmes, Frankenstein, Dracula, Jekyll, Jack l'éventreur, etc.), ou bien s'inspirer de romans d'alors (de Wells, Verne ou Doyle) - le fameux univers généalogique Wold Newton rassemblant tous les grands héros de la littérature populaire, inventé par Philip José Farmer, n'est pas étranger à cet engouement. Ce dernier sous-genre est illustré notamment par la BD La Ligue des gentlemen extraordinaires d'Alan Moore, récemment traduite, mais aussi par des auteurs comme Kim Newman, Stephen Baxter, René Réouven ou Johan Heliot.
Au sein de ce dernier steampunk référentiel, se détache la SF holmésienne, qui commence à compter bon nombre d'illustrations : Sherlock Holmes' War of the Worlds (1975) des Wellman père et fils, Exit Sherlock Holmes (1977) de Robert Lee Hall, Le Dossier Holmes-Dracula (1978) de Fred Saberhagen, Le Bestiaire de Sherlock Holmes (1987) de René Réouven, l'anthologie Sherlock Holmes en orbite (1995), L'Instinct de l'équarrisseur de Thomas Day…
Dernière remarque : de trop nombreux textes steampunk demeurent inédits en français, en dépit de leur qualité, à commencer par la pièce fondatrice, Morlock Night de K.W. Jeter. On regrettera l'absence, pareillement, de Black as the Pit, from Pole to Pole (1977) de Howard Waldrop et Steven Utley, The Hollow Earth (1990) de Rudy Rucker, Anti-Ice (1993) de Stephen Baxter ou l'irrespectueux Zeppelins West (2001) de Joe R. Lansdale.
Clins d'oeil
Ils constituent un ingrédient habituel du genre. Le "M" de la
Ligue des gentlemen extraordinaires semble évoquer celui de
James Bond, mais se révélera être un tout autre "M" tout aussi connu et plus sinistre. « Appelez-moi Ishmael », dit le second de Nemo en accueillant l'équipe sur le
Nautilus (cette phrase est l'
Incipit de
Moby Dick). « Il manque un portrait sur votre mur », fait-on remarquer à
Dorian Gray;
Hyde est de son côté retrouvé dans la
rue Morgue (référence à
Edgar Poe), etc.
Jeux vidéo
Séries télévisées
Films
- Brazil (1985) ;
- Capitaine Sky et le monde de demain (Sky Captain and the World of Tomorrow) (2004) ;
- Le Château dans le ciel (1986)
- Le Château ambulant (2005).
- Chitty Chitty Bang Bang, Ian Fleming & Ken Hughes (1965)
- La Ligue des gentlemen extraordinaires (The League of Extraordinary Gentlemen) (2003) ;
- Retour vers le futur III (Back to the Future Part III) (1990) ;
- Richard III (1995) ;
- Wild Wild West (1998) ;
- Steamboy (2004) ;
- La cité des enfants perdus(1995) ;
- Delicatessen(1991) ;
- À la croisée des mondes : la boussole d'or (The Golden Compass) (2007) ;
BD
- Girl Genius
- (, , 2000)
- Louis la Lune- Scénario, dessin et couleur: Alban Guillemois - ed Albin Michel
- Le Régulateur- Scénario: Eric Corbeyran/ Dessin et couleur: Marc Moreno - ed. Delcourt - T1: Ambrosia, T2: Hestia, T3:Ophidia
- Hauteville house - Scénario: Fred Duval/Dessin: Thierry Gioux/Couleur: Carole Beau - ed Delcourt - T1: Zelda, T2:destination Tulum
- Les Corsaires d'Alcibiade- Scénario: Denis-Pierre Filippi/Dessin et Couleur: Eric Liberge - ed Dupuis - T1: Elites secrètes, T2: Le rival
- PEST - Le Défosseur T1 -Scénario Corbeyran / Dessin & couleur Bouillez -ed Delcour
- Les Arcanes du Midi-Minuit
- 3 tomes [#] - Gil Formosa, dessins, couleurs -ed. Albin Michel
Notes et références
Liens externes
Cet article est basé sur un texte de Marc Madouraud (posté sur le défunt site Mauvais Genres) qui a donné son accord pour sa publication ici