(Suite d'une œuvre) Pour les articles homonymes, voir Suite d'une oeuvre (homonymie).
La suite d'une OEuvre littéraire, cinématographique, télévisuelle, d'une Bande dessinée ou d'un Jeu vidéo, est une oeuvre se déroulant dans le même univers de fiction que la première oeuvre, et qui raconte une histoire ayant lieu après celle qui est narrée dans cette oeuvre originelle.
Le personnage fait-il la suite ?
Pour qu’une oeuvre soit qualifiée de « suite » d’une autre oeuvre, elle doit partager avec celle-ci certaines caractéristiques. Le tout est de définir ces caractéristiques.
La plupart des suites ont en commun avec l’oeuvre originale un ou plusieurs personnages. Par exemple, le roman d’Alexandre Dumas Vingt Ans après est la suite des Trois Mousquetaires, du même auteur, car il raconte les nouvelles aventures des personnages de D’Artagnan, Athos, Portos et Aramis, qui furent déjà les personnages principaux du roman les Trois Mousquetaires.
Néanmoins, suffit-il qu’un oeuvre partage certains personnages avec une autre pour être qualifiée de "suite" ? Après tout,les nombreux romans de Maurice Leblanc narrant les aventures du gentleman-cambrioleur Arsène Lupin ne sont pas qualifiés de "suites", pas plus que les nombreux courts-métrages et longs-métrages mettant en scène le personnage de Charlot, créé par Charlie Chaplin. On pourrait penser qu'ils ne sont pas appelés "suites" parce que chacun de ces romans ou de ces films raconte une histoire complète, parce qu'il forme un tout ; mais cet argument semble difficilement recevable quand on voit que le film Indiana Jones et le temple maudit est considéré comme une suite des Aventuriers de l'arche perdue, alors que ces deux films, mettant en scène le personnage d'Indiana Jones, racontent chacun une histoire complète et qu'il n'est pas nécessaire d'avoir vu l'un pour comprendre l'intrigue de l'autre.
Inversement, certaines oeuvres ont été qualifiées de suite d’une oeuvre originale sans pour autant partager avec celle-ci le moindre personnage. Par exemple, le film Halloween 3 a été, comme son titre l’indique, présenté comme une suite d’Hallowen et d’ Halloween 2 , mais aucun des personnages des deux premiers films ne réapparaît dans ce troisième opus. Halloween 3 revendique le statut de suite parce qu’il s’agit, comme les deux premiers volets, d’un film d’horreur dont l’action a lieu aux alentours de la fête d’Halloween. Néanmoins, certains ont refusé à cette oeuvre le statut de suite, en raison de l’absence de personnages déjà apparus dans les précédents films. Dans la même optique, le statut de suite peut tout aussi bien être contesté à Maman, je m'occupe des méchants (Home Alone 3), dont l'intrigue repose sur une trame similaire à celle de Maman, j'ai raté l'avion (Home Alone) et Maman, j'ai encore raté l'avion (Home Alone 2) sans pour autant partager avec ces films le moindre personnage.
Les suites dans la bande dessinée
Dans la
Bande dessinée, on parlera de suite uniquement quand un album A raconte une histoire qui trouve son dénouement dans un album B. Par exemple, dans la série
Les Aventures de Tintin et Milou, l'album
On a marché sur la Lune, dans lequel les personnages voyagent sur la Lune, est considéré comme la suite de l'album
Objectif Lune, dans lequel les personnages préparent ce voyage. En revanche,
Objectif Lune, le seizième album de la série, n'est pas considéré comme la suite du quinzième,
Tintin au pays de l'or noir, car il n'est pas nécessaire d'avoir lu
Au pays de l'or noir pour comprendre l'intrigue d
Objectif Lune.Suites prévues et suites imprévues
On peut distinguer deux grandes catégories de suites :
- Les suites prévues, comme par exemple Les Deux Tours et Le Retour du roi, suites de La Communauté de l'anneau dans la saga Le Seigneur des Anneaux. Les suites prévues forment souvent une seule et même Histoire avec l'opus original, et sont entrecoupées simplement pour des raisons de Suspense, de Longueur ou de Budget.
- Les suites imprévues, comme 58 minutes pour vivre, Une Journée en enfer, et Retour en enfer pour la tétralogie Die Hard, qui n'étaient pas prévues lors de la Réalisation de l'OEuvre originale (Piège de Cristal), et qui reprennent les même personnages (pour de nombreuses suites de ce type, il n’est pas nécessaire d’avoir connaissance du premier volet pour comprendre l’intrigue). De telles oeuvres sont parfois qualifiées péjorativement de "suites commerciales", leurs auteurs étant souvent accusés de ne faire une suite que pour profiter davantage du succès commercial de l'oeuvre originale.
Toutefois, les auteurs d’une suite imprévue peuvent la concevoir comme formant un tout avec l’oeuvre originale. Par exemple, Robert Zemeckis n’avait au départ pas prévu de donner une suite à son film Retour vers le futur , mais il lui a donné quelques années plus tard deux suites, Retour vers le futur II et Retour vers le futur III ; chacune d’elles fait fréquemment référence au(x) volet(s) précédent(s), leurs intrigues s’entremêlent (en outre, la dernière scène des deux premiers films est aussi la première scène du film suivant), et il est nécessaire de voir les trois films dans l’ordre pour bien en comprendre l’histoire. Les trois films de la série Retour vers le Futur apparaissent au final comme autant de parties d’une seule et même histoire, même si Zemeckis ne pensait faire à l’origine qu’un seul film.
Choix du titre
L'exemple de la série
Retour vers le futur montre que le simple titre d’une oeuvre peut indiquer qu’il s’agit d’une suite. En effet, de nombreuses suites ont un titre qui rappelle l’oeuvre originale : par exemple, les suites de
Retour vers le futur, qui ont toutes un titre comportant les mots "Retour vers le futur", mais aussi celles du jeu vidéo
Tomb Raider, qui ont toutes un titre comportant les mots "Tomb Raider" :
Tomb Raider II,
Tomb Raider III : les Aventures de Lara Croft,
Tomb Raider IV : la Révélation finale… Le chiffre sert à situer chronologiquement la suite par rapport à l’oeuvre originale et aux autres suites (
Tomb Raider IV vient après
Tomb Raider III, elle-même suite de
Tomb Raider II…), et les mots "Tomb Raider" servent à rattacher la suite au jeu d’origine.
Cette politique de titre peut d’ailleurs mener à confusion : contrairement à ce que son titre laisse à penser, le film Portés disparus 2, avec Chuck Norris, n’est pas la suite de Portés disparus, mais son prologue, car les faits qui y sont mis en scène se passent avant ; le film a été intitulé Portés disparus 2 simplement parce qu’il est sorti après Portés disparus.
Nous pouvons citer comme exemples de suites dont le titre rappelle l’oeuvre originale sans pour autant utiliser de chiffre les suites de Batman : Batman, le défi, Batman Forever et Batman & Robin.
Choisir de donner à une suite un titre rappelant l'oeuvre originale conduit toutefois le spectateur à "rebaptiser" le premier volet. Par exemple, de nombreux spectateurs appellent le film L'Arme fatale "L'Arme fatale 1", précisément pour le situer par rapport à ses suites: L'Arme fatale 2, L'Arme fatale 3 et L'Arme fatale 4. Ceci est absurde, parce que ce film ne s'est jamais intitulé l'Arme fatale 1, mais l'Arme fatale.
Néanmoins, toutes les suites n’ont pas un titre évoquant l’oeuvre de départ : la suite de L'Auberge espagnole ne s’appelle pas l’Auberge espagnole 2, mais Les Poupées russes .
Notion d'oeuvre dérivée
Traditionnellement, la suite découle simplement de la volonté de l'auteur de développer un univers, des personnages, de continuer la narration. Dans la
mercatique moderne, la suite est considérée comme un
oeuvre dérivée, c’est-à-dire une oeuvre s'appuyant sur la renommée d'une oeuvre de référence, à l'image des produits dérivés. Pour appuyer ce concept, on a donc créé des termes à partir de la notion de « suite », le lien entre ces concepts étant la chronologie de sortie : la première oeuvre sortie devient alors l'oeuvre de référence, « l'opus original » (ou originel), les oeuvres sorties
a posteriori sont des oeuvres dérivées, qu'elles soient une suite ou pas.
Mots-valises anglais
En anglais, « suite » se dit
« sequel » (c'est un
faux ami, voir
Séquelle). Les anglophones ont formé plusieurs
mots-valises en remplaçant la première syllabe par un
Préfixe d'ordre, ce qui permet d'indiquer dans le même mot la position de l'oeuvre dans la chronologie de fiction par rapport à l'oeuvre de référence, et l'ordre de parution des oeuvres. Ainsi, les oeuvres sorties après l'oeuvre de référence sont qualifiées de :
- prequel : prologue, Prélude : l'Histoire se passe avant l'opus original comme Ring 0 par rapport à Ring ;
- midquel : oeuvre simultanée, l'Histoire se passe pendant une période située dans l'opus original comme les oeuvres de Disney parallèles à La Belle et la Bête ou encore Kirikou et les bêtes sauvages par rapport à Kirikou et la sorcière
- interquel : Interlude, Intermède, l'Histoire se passe entre deux opus comme Shrek 4D entre le premier Shrek et Shrek 2.
- sequel : suite à proprement parler, l'Histoire relate des faits postérieurs à l'opus original comme Scream 3 par rapport à Scream 2.
Autres types d'oeuvres dérivées
Outre les suites classiques, il y a :
Voir aussi