Zadig ou la Destinée est un roman mais aussi un
Conte philosophique de
Voltaire, publié pour la première fois en
1747, sous le titre
Memnon, histoire orientale, puis, en
1748, augmenté de plusieurs chapitres, sous son titre actuel.
D’après Longchamp, secrétaire de Voltaire, c’est au cours des soirées mondaines données à Sceaux, chez la duchesse du Maine, que l’idée d’écrire des contes inspire à Voltaire ce petit roman, qualifié aussi de conte philosophique, qui connaît plusieurs éditions à partir de 1747.
Zadig est aujourd’hui l’un des contes de Voltaire les plus appréciés. Bien qu’il se soit défendu d’en être l’auteur, le considérant comme une simple « couillonnerie », Voltaire y apparaît tout entier : le style vif et brillant, plein d’ironie vis-à-vis des préjugés de son temps, se conjugue à un art de l’ellipse. La vivacité de la narration, remplie de péripéties, traduit l’idée que l’existence est parsemée de changements, mais qu’elle est liée à son destin. Le roman d’aventures est ainsi la forme privilégiée d’une vision du monde où le poids du hasard détermine en grande partie la destinée.
Résumé
Zadig retrace les mésaventures d’un jeune homme qui fait l’expérience du monde dans un Orient de fantaisie. Tour à tour favorable et cruelle, toujours changeante, la fortune du héros passe par des hauts et des bas qui rythment le texte : nommé ministre du roi de Babylone, il s’avère être un très bon homme, jugeant justement les gens, et non par leur revenu, comme le faisaient les autres ministres, c’est donc selon une justice équitable que Zadig travaille en tant que ministre du roi. Mais par la suite il est jeté en prison, puis vendu comme esclave. Croisant divers personnages hauts en couleur, Zadig connaîtra l’amour et ses revers, devra faire face à l’injustice et à la superstition, ainsi qu’aux dangers qui peuplent son errance à travers le monde. Véritable récit d’aventures, Zadig est aussi un roman de formation, un Bildungsroman, où Voltaire mêle habilement les charmes du conte et la réflexion philosophique. La question de la Destinée (sous-titre du conte) fait notamment l’objet d’un chapitre important : un ermite, qui se révèle être l’ange Jesrad (celui-ci parle de lui à la 3° personne, en utilisant la Providence), instruit Zadig sur la philosophie de Leibniz (que Voltaire approuve à ce moment) et lui recommande de se fier à la Providence.
Personnages
Zadig est le personnage principal et éponyme du conte. Son nom signifie "le véridique" en
langue arabe et "le juste" en
Hébreu. Il est présenté dès le premier chapitre comme un homme très vertueux, sans aucun défaut pour la société de Voltaire. Son meilleur ami Cador est un beau jeune homme, dont le portrait n’est pas précis. En arabe, Cador signifie "le tout puissant".
La première épouse de Zadig, auprès de laquelle celui-ci croit vivre dans le bonheur, se nomme Azora, ou "la brillante" en arabe. Mais celle-ci se révèlera infidèle et inconstante.
La seconde femme du roi Moabdar et qui lui fait perdre la raison s’appelle Missouf, ce qui signifie "la belle capricieuse" en langue égyptienne d’après Voltaire.
Depuis le premier chapitre, Voltaire fait référence aux principes de Zoroastre, que Zadig observe. Dans ceux-ci, le principe du mal est appelé Ahriman – comme le courtisan envieux appelé Arimaze au chapitre IV –, opposé au principe du bien Orzmud. L’archimage de Zoroastre est appelé Yébor, anagramme de Boyer, nom de l’évêque de Mirepoix et ennemi de Voltaire.
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