Si le
Capitole a déjà été victime d'un siège, il n'a jamais été la proie des flammes : après avoir fait fuir les rois de Rome, le souverain étrusque
Porsenna assiégea le
Capitole. Ce sont également les
Gaulois qui brûlèrent et pillèrent toute la ville en
-390 sans assiéger le
Capitole.
Rappel
En
69, la guerre civile à Rome divise les citoyens romains qui sont livrés à eux-même. En effet,
Vitellius s'est fait nommer
Empereur romain en janvier par les troupes germaniques après avoir vaincu Othon qui avait lui-même été nommé
Imperator par la
Garde prétorienne. Tandis que le Sénat entérine la nomination de
Vitellius en avril, des soulèvements populaires se sont répandus à travers l'Empire provoquant l'abdication de
Vitellius le 2 décembre, mais ses partisans l'obligent à regagner le
Mont Palatin. Ainsi, il est en quelque sorte prisonnier entre son armée et les partisans du camp adverse, c’est-à-dire de
Vespasien.
Le siège
C'est ainsi que les troupes vitelliennes assiègent le
Capitole contre le frère de
Vespasien, Titus Flavius Sabinus,
préfet de la ville, responsable de l'administration de Rome et des
Vigiles urbains, en conflit contre
Vitellius. L'ancien prémipilaire
Martial,
tribun des cohortes prétoriennes, est sorti du
Capitole pour demander à
Vitellius s'il est responsable des faits.
Vitellius répond alors positivement et ses partisans réussissent à rentrer dans le
Capitole et à l'assiéger. Le Sénat se range du côté des partisans de
Vespasien.
L'anarchie règne alors dans la ville : le Capitole, composé entre autres de la Roche tarpéienne, du Temple de Jupiter Capitolin, du Temple de Saturne, des ateliers monétaires de Junon et de la Concorde, se voit la scène d'un siège violent et scandaleux dans sa définition même puisqu'il oppose deux camps romains rivaux dans l'enceinte sacrée du Pomoerium, ce qui n'est pas sans rappeler le fratricide entre Romulus et Rémus. On utilise les monuments pour se défendre ainsi que des armes improvisées, des statues comme barricades ce qui témoigne d'une certaine sauvagerie. Fait de bois et de terre cuite et érigé en -601, le Temple de Jupiter Capitolin, étant le coeur religieux de Rome, est le symbole de la puissance et de la protection de la ville. L'incendie pourrait remettre en question la pax deorum (paix avec les dieux) constituant à respecter les dieux en l'échange de leur protection. L'atteinte à la puissance de Jupiter met en péril la de l'Empire.
L'incendie du Capitole choque donc les contemporains, d'une part pour le symbole de la pérennité qu'il menace mais aussi pour la croyance religieuse, ce qui explique la haine que vont manifester les Romains face à Vitellius.
Article connexe
- Chronologie des grands incendies
Sources