Les mouvements lycéens en France trouvent leur origine dans le mouvement étudiant de
Mai 68, mais aussi plus récemment dans la réaction d'une partie des
lycéens à certains évènements politiques nationaux ou internationaux. Ces mouvements sont étroitements liés à l'existence d'une multitude d'organisations lycéennes diverses, allant des syndicats lycéens aux comités d'action lycéens (C.A.L.), en passant par un ensemble de petits groupes indépendants.
Organisations
Les principales organisations lycéennes participant et/ou impulsant les mouvements lycéens sont tout d'abord les "syndicats", qui sont en réalité des associations loi 1901 à but syndical, les lycéens ne bénéficiant pas encore du droit syndical, contrairement aux prérogatives de la Constitution française. Ceux-ci bénéficient d'un budget, d'une visibilité et d'une envergure plus importante que les autres structures. Le principal syndicat lycéen est l' UNL (Union nationale lycéenne), le second étant la FIDL(Fédération indépendante et démocratique lycéenne) . Il existe également d'autres organisations comme
SUD Lycéen.
D'autre part, les coordinations (lycéenne ou étudiante) sont des systèmes mis en place lors des grandes mobilisations contre des projets phares (par exemple, la loi Fillon en 2004/2005) pour permettre aux lycéens de s'auto-organiser. Ce type d'organisation permettant d'accroître l'efficacité des actions, des manifestations et des revendications.
Mobilisations
Contre le CIP (1994)
Le mouvement contre le CIP est un moment charnière dans le mouvement lycéen. Le conflit de 1986 avait permis la structuration de la FIDL comme une des organisations proche de SOS Racisme dont certains de leurs cadres vont ensuite passer à l'UNEF-ID tout d'abord dans la minorité proche de la Gauche socialiste puis dans la majorité. Le CIP fut un des éléments qui permis l'émergence de l'Union nationale lycéenne, nouvelle organisation créée par la Majorité du MJS, des anciens des clubs Forum qui formeront quelques mois plus tard "Nouvelle gauche".Ce courant était initialement proche de Michel Rocard notamment lorsque celui-ci était à la tête du Parti socialiste.
L'UNL avait une structuration plus nationale que la FIDL surtout concentrée sur la région parisienne. Aussi, lors du mouvement lycéen contre le CIP, des réprésentants de l'UNL en région purent soutenir le Président provisoire Samuel Gion dans ses rencontres avec le Premier ministre Edouard Balladur. Parmi les régions les plus actives, ont pu souligner la ville de Montpellier avec Michaël Delafosse et l'agglomération Lilloise avec Nicolas-Raphaël Fouque.
Pour de meilleures conditions d’études (1998/1999)
Contre la loi Fillon (janvier-mai 2005)
En
2005, la mobilisation lycéenne contre la loi d'orientation et de programme pour l'avenir de l'école, dite "loi Fillon", qui instaurait, d'après ses détracteurs, une éducation au rabais au service de l'économie, a été l'une des plus importantes de l'histoire des mouvements lycéens en France. D'abord massif, on a pu voir des dizaines de milliers de lycéens défiler à
Paris et dans les grandes villes françaises pour réclamer le retrait total de cette loi, puis près de 300 lycées furent occupés et/ou bloqués pendant parfois des semaines entières. Ce mouvement surprend aussi par la radicalité de ses modes d'action. Moins massif vers la fin, il n'échappa pas à une forte répression. Voir aussi : mouvement lycéen contre la loi Fillon.
Contre le Contrat Première Embauche (février-avril 2006)
L'article 8 de projet de loi du gouvernement Dominique de Villepin sur l'égalité des chances, mettant en place le Contrat Première Embauche, déposé en janvier, a entrainé un mouvement de protestation très large (intégrant même l'UDF, depuis peu separé de la droite dure), où se sont illustrés une nouvelle fois les lycéens, par leur energie tranchant avec les comportements hesitants des syndicats professionnels. Si leur mobilisation a été numeriquement plus faible que lors du printemps 2005, on peut y constater une evolution. Une frange politisée s'est affirmée dans les lycées, ayant fait son education dans le mouvement precedent ou à l'occasion des émeutes de l'automne 2005, généralement en position d'observateur. Cette affirmation s'est faite selon deux axes, premièrement par les organisations "classiques", principalement les syndicats lycéens, plus rarement les CAL; et parallèlement, dans des groupes d'amis beaucoup moins serieux et peut etre plus innovants politiquement. Il faut noter l'implantation nouvelle ou renforcée des syndicats lycéens dans les villes de province.
Des manifestations ont eu lieu dans toutes les villes de France contre la loi pecresse le 29 novembre 2007.
Voir aussi
Articles connexes
Lien externe
Bibliographie
- Robi Morder, "Le lycéen, nouvel acteur collectif de la fin du XXème siècle", dans "Lycées, Lycéens, deux siècles d'histoire", INRP publications 2005