Le
Pañchatantra (« les cinq livres ») est un ancien recueil de
contes et
fables en
Sanskrit, probablement le plus ancien qui nous soit parvenu.
La compilation en est attribuée traditionnellement à un
Brahmane nommé Vishnusharman, qui l'aurait produite, au
Ve ou au
VIe siècle à la demande d'un
Râja comme un guide de gouvernement à destination des princes. Son organisation en cinq livres semble indiquer un choix conscient plutôt qu'un empilement de textes au cours du temps, contrairement aux
Jâtaka, recueils de fables
bouddhistes plus anciens et plus nombreux. Tout deux comportent des fables mettant en scène des animaux au comportement anthropomorphe. On y a vu parfois le remaniement d'un texte du
Cachemire, aujourd'hui perdu, le
Tantrâkyayikâ, et qui daterait du
IVe ou du
Ve siècle.
Dès 570, le Pañchatantra connaît une traduction en pehlvî, une langue persane, puis en Arabe sous le nom de Kalîla wa Dimna, en grec au XIe siècle, en Hébreu par Rabbi Joël au XIIe, en Latin, entre 1263 et 1278, par Jean de Capoue sous le titre de Directorium Humanae Vitae. À partir de cette date, il se répand dans tout le monde occidental. Une version persane est traduite en français par Gilbert Gaulmin sous un pseudonyme, en 1644, sous le titre Le Livre des lumières ou la Conduite des Rois, composée par le sage Pilpay Indien, traduite en français par David Sahid, d'Ispahan, ville capitale de Perse. Le Père Poussines en fait aussi une autre traduction en 1666 sous le titre Specimen sapientiae Indorum veterum (Modèle de la sagesse des anciens Indiens). Il devient enfin l'une des sources des fables de Jean de La Fontaine, qui reconnaît sa dette dans la préface de sa seconde collection de Fables : « Il ne m'a pas semblé nécessaire ici de présenter mes raisons ni de mentionner les sources à partir desquelles j'ai tracé mes derniers thèmes. Je dirai, comme dans un élan de gratitude, que j'en dois la plus grande partie au Sage Indien Pilpaï. » Pilpay, Pilpai ou Bidpai est généralement l'auteur auquel on attribue l'oeuvre en Europe, une déformation du sanskrit Vidyâpati, « maître de la connaissance ». Les contes se répandent aussi en Chine et dans l'Asie du Sud-Est sur les routes des pélerins bouddhistes. Le Pañchatantra connut aussi plusieurs adaptations en Inde-même, comme le très populaire Hitopadesha et le Panchâkhyânoddhâra, rédigé au Goujerat par le moine jaina Meghavijaya vers 1660.
L'ouvrage, comme son nom l'indique, est composé de cinq parties thématiques regroupant plusieurs textes :
- Mitra Bhedha, « La Perte des amis » (22 histoires)
- Mitra Laabha, « L'Acquisition des amis » (7 histoires)
- Suhrudbheda, « La Guerre des corbeaux et des hiboux », à propos des ruses de guerre (17 contes)
- Vigraha, « La Perte des biens acquis » (12 histoires)
- Sandhi, « La Conduite inconsidérée » (15 histoires)
Les deux chacals, Kalîla et Dimna (dérivé du sanskrit Karataka et Damanaka), héros du premier conte du premier livre, sont à l'origine du titre de la version arabo-persanne, Kalîla wa Dimna. La première traduction française est due à l'abbé Dubois.
Bibliographie
- Louis Frédéric, Dictionnaire de la civilisation indienne, Robert Laffont, 1987
- Le Pantcha Tantra, traduit par l'abbé J-A Dubois, Imprimerie Nationale 1995.
Articles connexes
Liens externes
- Contes