Au sens strict, l'expression "
terrorisme sioniste" fait référence à des
actes terroristes perpétrés dans le but de favoriser les objectifs du
Sionisme. Cette expression est utilisée par des historiens pour évoquer les actes violents perpétrés par certains groupes
Juifs sionistes pendant la période du
mandat britannique sur la Palestine et jusqu'à la création de l'État d'Israël en
1948. Les événements survenus avant 1948 et lors du conflit israélo-arabe de 1948 sont détaillés et analysés dans l'article
violence politique sioniste.
Dans le contexte actuel du conflit israélo-palestinien, la même expression, polémique quant à sa pertinence, est reprise par des détracteurs de la politique israélienne pour qualifier la répression de l'État israélien. Les actions qui suivent 1948 sont détaillées dans l'article violence politique israélienne.
L'article traite des sens et usages de cette expression qui sont variables et controversés.
Sens de l'expression
Voir : Terrorisme; Sionisme et Histoire du sionisme.
Point de vue de ceux qui utilisent l'expression
Du point de vue de certains détracteurs d'Israël et du sionisme, des actes de la politique d'Israël seraient
terroristes dans le sens où, selon eux, ils visent des populations civiles. Ces détracteurs parlent dans ce contexte de
Terrorisme d'État, de
terrorisme israélien voire de
terrorisme sioniste.
Certains de ceux qui utilisent l'expression terrorisme sioniste dénoncent parfois, au-delà des actes de la politique d'Israël, ce qui relèverait d'une volonté expansionniste ou colonisatrice d'Israël ou du sionisme. ,
De par l'usage de l'expression, certains peuvent aussi vouloir mettre en question la légitimité de l'État israélien ou bien établir une continuité entre l'activisme juif d'avant 1948 et certaines actions d'aujourd'hui, en soulignant par exemple que le Likoud, parti politique israélien, a été fondé par les membres dirigeants des anciens groupes activistes juifs Irgoun et Lehi, dont les actions étaient qualifiées à l'époque de terroristes .
Point de vue du gouvernement israélien et des partisans du sionisme
Selon ces derniers, la politique d'Israël ne serait pas terroriste mais résulterait d'un état de guerre depuis sa création et dont Israël ne serait pas responsable, n'ayant pas provoqué la guerre mais ayant été attaqué, selon leur point de vue, par 5 États arabes dès le lendemain de sa création .
Israël ne considère pas non plus que ses actions vis-à-vis des civils relèveraient de terrorisme mais bien du droit à l'autodéfense dans la lutte contre, suivant ce point de vue, le terrorisme palestinien ,.
Certains détracteurs utilisent le terme sioniste dans le but de délégitimer Israël, refusant de parler d'État. Les partisans du sionisme quant à eux reconnaissent (voire revendiquent) l'héritage sioniste d'Israël et rejettent toute idée qui viserait à délégitimer le droit à l'existence d'un État israélien . Israël étant aussi un État juif, certains dénoncent de l'Antisémitisme dans la délégitimation du sionisme et des droits de l'État israélien .
Autres points de vue
- Des historiens détracteurs de la politique israélienne parlent de "terrorisme israélien" quand la cible des opérations israéliennes n'est pas, selon leur point de vue, militaire .
- Quand ils reconnaissent ou supposent le caractère illégal de certaines actions de l'armée israélienne, Amnesty International parle de crimes de guerres ou de Terrorisme d'État .
- Des commentateurs comme l'ONU, ne voulant juger du bien-fondé ou non des actes de violence, parlent de répression israélienne . Il en va de même de certains commentateurs et journalistes, comme ceux du Monde-diplomatique qui parlent également de répression israélienne
- Des attentats perpétrés par des citoyens israéliens à l'encontre de civils arabes mais pas par l'armée sont qualifiés de terrorisme juif tant par le gouvernement israélien que par des commentateurs extérieurs.
Usages du terme
Voir : Guerre des mots dans le conflit israélo-palestinienEn rapport à des événements antérieurs à 1948
Voir : violence politique sionisteAvant 1948, dans le contexte des nationalismes sioniste, arabe et palestinien en Palestine mandataire et dans le contexte du mandat britannique sur la région, l'Irgoun et le Lehi ont utilisé la violence pour faire valoir ce qu'ils considéraient leurs droits et en réaction à des attaques anti-juives. Dans ce contexte, les historiens utilisent l'expression terrorisme sioniste pour décrire certaines de leurs actions.
Lors de la guerre de 1948, les actions de l'Irgoun et du Lehi, en particulier le massacre de Deir Yassin, sont décrites comme du terrorisme sioniste par la majorité des historiens. Mais certains historiens considèrent également que la Haganah, l'armée clandestine du Yichouv, s'est livrée à des actes terroristes durant cette période. Ils font référence à certaines intimidations, déportations ou massacres de civils palestiniens par la Haganah.
En rapport à des événements postérieurs à l'existence d'Israël
Voir aussi : Violence politique israélienne- Le Centre palestinien d'information qualifie de "terrorisme sioniste" les opérations menées par l'armée israélienne quand les cibles de ses opérations sont des habitations ou quand des enfants en sont victimes. Le massacre de Sabra et Shatila est également repris comme exemple de terrorisme sioniste. Il en va de même des éliminations ciblées à l'encontre de "résistants" du Hamas, ou encore les cambriolages de maisons palestiniennes.
- Le site internet du Fatah, dans un article traitant du "terrorisme sioniste" décrit les événements suivants comme de la "terreur sioniste"
- L'occupation militaire de 1967, en contradiction avec les résolutions 242 & 338 des Nations Unies, de territoires sur lesquels les accords d'Oslo prévoyaient une autonomie palestinienne avant le 4 mai 1999 ;
- la construction de colonies de peuplement sur des terres confisquées après en avoir chassé les propriétaires palestiniens, ce qui serait une forme de "nettoyage ethnique", selon le Fatah.
- Les attaques incessantes (selon le Fatah) contre des musulmans et des chrétiens à la cité sacrée de Jérusalem qui, selon la résolution 252 des Nations unies, fait partie intégrante des territoires occupés. Les "racistes sionistes", selon le Fatah, "continuent d'utiliser le coin du temple pour effrayer tous les amoureux de la paix".
- La violation de la résolution 194 des Nations Unies qui appelle au retour de tous les réfugiés qui furent chassés de leurs terres ;
- Les pratiques terroristes (selon le Fatah) entreprises contre les Palestiniens à travers des assassinats et des bouclages ;
- Le Fatah considère également que le "terrorisme sioniste" a précédé le terrorisme du 11 septembre.
- Des personnalités controversées, telles que le négationniste Serge Thion , emploient également l'expression "terrorisme sioniste" et font un lien entre l'activisme d'avant 1948 et la politique israélienne d'après.
Références
Voir aussi
Lien externe
- (en) L'analyse d'un palestinien sur le terrorisme, et ce qu'il appelle les terroristes sionistes. And They Call Us Terrorists ..., Amir Meshkin, [#]