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Bobo,
Bourgeois et
Bohème.
Le terme bobos, contraction de bourgeois-bohème, traduction de l'Anglais bourgeois bohemian, est issu d'un livre de David Brooks intitulé Bobos in paradise (ISBN 0-684-85378-7) publié en 2000 ; l'auteur entendait caractériser et regrouper sous ce terme l'évolution et la transformation du groupe des yuppies des Années 1980.
Origine et invention du terme
Le terme a été créé pour remplacer plus précisément l'utilisation du terme
yuppies qui avait selon Brooks pris une connotation péjorative. La théorie de Brooks est que cette
nouvelle classe supérieure est un croisement entre l'idéalisme des
Années 1960 et les comportements libéraux et individualistes de la période
Reagan.
Les critiques de l'ouvrage de Brooks lui reprochent notamment de n'avoir pas expliqué en quoi cette élite serait nouvelle, et que les tendances qu'il stigmatise comme caractéristiques des bobos ne seraient que l'expression des changements généraux de goûts d'une upper-middle class pré-existante.
En France
D'après
Pierre Merle, l'expression « Bourgeois-bohème » est apparue en France le 15 juin 2000 dans un article de
Courrier international. Ce terme est assez flou. Il a pris cependant en
France une valeur plutôt péjorative, désignant un type de conformisme : des personnes aisées,
parisiennes et
parisianistes, bien pensantes, de sympathies allant plutôt à la gauche écologiste, ayant de l'affection pour la figure du révolté (
Che Guevara,
Mai 68). Le terme s'éloigne fortement de son sens original aux États-Unis et on peut affirmer qu'il s'est complètement réinventé en France.
Dans cette optique, on relève la « facilité » entre la « vie bohème » (ne pas se soucier du lendemain, d'argent ni de sécurité) et la position bourgeoise, qui l'offre matériellement. À Paris, ces bobos résideraient dans les arrondissements aisés du centre (IIe, IIIe, IVe, IXe) mais leur venue dans les arrondissements autrefois populaires de l'est (Xe, XIXe, XXe arrondissements par exemple) y a contribué à une forte hausse du prix de l'immobilier ces dernières années, . Les bobos habitent aussi de plus en plus en Seine Saint-Denis.
Le terme « bobo » a été largement utilisé par les opposants au Traité établissant une Constitution pour l'Europe lors de la campagne du référendum du 29 mai 2005 contre la partie de la gauche qui y était favorable.
Divers
Le chanteur
Renaud a écrit et interprété une chanson intitulée
Les Bobos, qui se veut une critique des bourgeois-bohème, et qui est en fait un bon exemple des poncifs et des lieux-communs sur le sujet des bourgeois-bohèmes (sujet lui-même mal défini et fourre-tout, cf. supra). Cette chanson rappelle dans un autre genre
Mon beauf du même auteur.
Diverses parodies ou déclinaisons du termes ont ponctuellement été créées , par exemple les « bobas » (pour « bourgeois batignole »), les « bobouc » (« bourgeois bohème Upper middle Class »), les "beubeus" (pour les "beurgeois béhème" des banlieues), les « bobobo » (« bourgeois bohème bolcho»), les "biobos" (pour les bourgeois qui se déclarent particulièrement écologistes), etc. On parle également, des "botras" ("bourgeois traditionnels") pour les opposer aux "bobos", ou encore "bonobos" ("bourgeois no bohème"). Le terme « beurgeois » (pour « beurs embourgeoisés ») est en revanche plus ancien que « bobo » : c'est notamment le titre d'une bande dessinée de Farid Boudjellal, sortie en 1997.
Voir aussi
Articles connexes
Notes et références
Liens externes