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FAT et
Man.
Fat Man (« homme obèse » en français) était le nom de code de la
Bombe A qui fut larguée sur
Nagasaki au
Japon le
9 août 1945 par l'armée américaine. C'est la deuxième et dernière bombe utilisée de manière offensive. Son nom faisait référence de manière caricaturale à
Winston Churchill.
Fat Man provoqua la troisième explosion nucléaire artificielle de l'histoire après Trinity et Little Boy. D'une longueur de 3,25 m et d'un diamètre de 1,52 m, elle pesait 4545 kg. Après la guerre, son nom a été utilisé pour désigner familièrement la famille de bombe Mark 3 qui furent construites sur les mêmes principes.
Le bombardement de Nagasaki
La détonation eut lieu à 550 mètres au dessus de la ville après que la bombe fut larguée du bombardier B-29
Bock's Car piloté par le Major
Charles Sweeney. Il s'agissait, comme pendant l'essai de Trinity, d'une charge au
Plutonium 239 d'une puissance de 21 à 23 kilotonnes. Sa puissance était donc légèrement supérieure à celle de Little Boy lancée sur
Hiroshima qui utilisait une technologie à l'
Uranium 235. La destruction fut toutefois moins importante de par la nature vallonnée du terrain à Nagasaki. Environ 40 000 personnes perdirent immédiatement la vie et on compta 25 000 blessés dont certains allaient mourir par la suite (brûlures, irradiation etc.).
Article détaillé: Bock's Car
Technologie
Plusieurs bombes de type « Fat Man » (Mark 3) furent construites après la guerre et les deux tirs de l'opération Crossroads sur l'
Atoll de Bikini utilisèrent ce modèle de bombe. Après les trois tirs de l'
Opération Sandstone en 1948, cette architecture fut rapidement abandonnée par l'armée américaine pour des raisons d'instabilité et de rendement au profit du type
Mark 4.
Grâce aux informations fournies par Theodore Hall et Klaus Fuchs, l'URSS put créer un modèle de bombe techniquement très proche des Mark 3. RDS-1, qui explosa à Semipalatinsk (Kazakhstan) le 29 août 1949 était donc une réplique relativement fidèle de Fat Man.
Intérieur de la bombe
Les schémas originaux de l'intérieur des bombes
Fat Man et
Little Boy sont toujours classifiés en 2008, contrairement aux plans extérieurs. Cependant, de nombreuses personnes ont effectué des recherches à ce sujet via les témoignages des membres du Projet Manhattan, les documents sur les affaires d'espionnage entre l'URSS et les États-Unis et des photographies. Les principales parties et leurs caractéristiques sont ainsi connues mais leur forme, leur emplacement et la liste des pièces nécessaires à la bombe sont des informations encore tenues secrètes.
En cas d'explosion ratée en altitude, les ingénieurs avaient prévu un système pour qu'elle soit détruite lors de l'impact avec le sol dans le but d'éviter qu'elle ne livre ses secrets. La charge de destruction consistait en 4 fusibles AN-219 placés à l'avant de la bombe.
| | - fusible AN 219
- antennes de radar Archie
- plaque avec les batteries utilisées pour lancer l'explosion
- X-Unit, unité de mise à feu placée près des explosifs conventionnels
- charnière destinée à fixer les deux parties ellipsoïdales de la coque de la bombe
- lentille pentagonale d'explosif (12 unités avec des couches d'explosifs lents et rapides)
- lentille hexagonale d'explosif (20 unités avec des couches d'explosifs lents et rapides)
- « Parachute californien », queue de la bombe en aluminium
- enveloppe sphérique de 140 cm de diamètre
- cônes qui contenaient la boule
- enveloppe de lentilles explosives
- empilement de couches de matière fissile (initiateur de neutrons, réflecteur, tampon, couche de bore/aluminium)
- plaque d'instrumentation (radars, baromètres et temporisateurs)
- collecteur des tubes des baromètres
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Structure du coeur de la bombe
Voir aussi
Liens externes
Sources