L’
Histoire Auguste est le nom que l'on donne couramment depuis le début du
XVIIe siècle à un recueil de
biographies d'
empereurs romains composé en
Latin au cours de l'
Antiquité tardive, à la fin du
IVe siècle.
Ce recueil commence avec la vie d'Hadrien et s'achève avec celle de Numérien. Il couvre donc la période allant de 117 à 285 de notre ère, avec cependant une lacune de 16 ans, entre 244 et 260. S'apparentant à la continuation de l'oeuvre de Suétone, cet ouvrage se présente comme une oeuvre collective, rassemblant les travaux de six biographes – Aelius Spartianus, Julius Capitolinus, Vulcacius Gallicanus, Aelius Lampridius, Trébellius Pollion et Flavius Vopiscus. Diverses allusions placent explicitement la rédaction de ces biographies sous les règnes de Dioclétien et de Constantin Ier (284 à 337). Longtemps ce recueil suscita un sentiment ambigu : d'un côté, il est l'une des sources les plus abondantes sur une période mal connue de l'empire, de l'autre, il accumule les erreurs apparentes, les informations triviales ou suspectes. D'une manière générale, les premières biographies sont bien meilleures et plus fiables que les biographies des empereurs plus tardifs et que les biographies des usurpateurs.
Une imposture ?
En
1899 l'historien
allemand Hermann Dessau bouleverse définitivement la compréhension de ce recueil en montrant que la composition apparemment collective est une imposture. Selon Dessau, il n'existe en réalité qu'un seul auteur anonyme qui a composé en réalité son oeuvre à la fin du
IVe siècle. Ce personnage inconnu a construit une imposture littéraire et historique de premier plan. Ce faisant, il a légué une source difficile d'accès pour les historiens – comment y distinguer le vrai du faux ? – mais aussi une énigme durable, celle de son identité.
D'abord extrêmement discutée, cette hypothèse révolutionnaire ne tarde pas à s'imposer et constitue la base de tous les travaux scientifiques sur l' Histoire Auguste. Ces derniers sont désormais particulièrement nombreux et riches, notamment grâce à la succession de colloques internationaux à la fin du XXe siècle, d'abord tenus à Bonn puis dans de nombreuses capitales universitaires.
De très nombreux points restent obscurs et discutés, quant à la fiabilité de tel ou tel passage, quant à la date exacte de rédaction et à l'identité de l'auteur, quant à ses positions politiques et religieuses, en particulier par rapport au Christianisme.
En France, le nom d'André Chastagnol reste attaché à celui de l' Histoire Auguste en raison des nombreuses études qu'il a consacrées à ce recueil et de la traduction commentée qu'il a publiée en 1994.
On s'accorde aujourd'hui assez généralement à situer l'origine de l' Histoire Auguste dans le milieu littéraire et social proche de Symmaque et des Nicomaques Flaviens. Certaines des dernières recherches en date, présentées dans le cadre de colloques universitaires internationaux autour de l'Histoire Auguste et les travaux de St. Ratti, professeur de langue et littérature latines à l'Université de Bourgogne, tendraient à soutenir que l'auteur de lHistoire Auguste n'est autre que Nicomaque Flavien Senior, idée déjà proposée par Émilienne Demougeot. Le nom de Nicomaque Flavien Junior avait été aussi avancé dès 1940 par W. Hartke. Si de telles hypothèses étaient confirmées, l'énigme séculaire de l'auteur de l'Histoire Auguste serait donc résolue : la preuve toutefois manque encore.
Notes
Sources
- Histoire Auguste, traduction et commentaire A. Chastagnol, Robert Laffont, Collection Bouquin, Paris, 1994
- Les Dossiers d'archéologie, avril 2006
Voir aussi
articles connexes
Liens externes
Cette section est vide, pas assez détaillée ou incomplète. Votre aide est la bienvenue ! - André Chastagnol, "Rencontres entre l'Histoire Auguste et Cicéron, "Mélanges de l'Ecole française de Rome. Antiquité, 1987, 2, p. 905-919[#]