Les
Montoneros furent une organisation politico-militaire
argentine qui pratiqua la lutte armée entre
1970 et
1979, avec une intensité maximale jusqu'en
1976. Ses objectifs étaient : la déstabilisation du gouvernement autoproclamé "Révolution Argentine" (
Juan Carlos Ongania , Roberto Marcelo Levingston , Alejandro Agustin Lanusse...
1966-
1973), le retour au pouvoir du Général
Juan Domingo Peron et l'instauration en Argentine d'un système politique qu'ils baptisaient "Socialisme National" , ce qu'ils considéraient comme l'évolution historique naturelle du
Péronisme.
Durant leurs premières années d'existence, les Montoneros reçurent l'appui du Général Peron et d'une grande partie du Mouvement péroniste ; mais à partir du 1 mai 1974, les graves erreurs politiques qui entraînèrent un recul de popularité du leader et des secteurs syndicaux et politiques du péronisme orthodoxe expliquent l'isolement croissant et le passage à la clandestinité du groupe. Il fut détruit par la Dictature militaire qui chassa la veuve de Peron, Isabel Martinez de Peron , le 24 mars 1976.
Origines et idéologie
Les racines du mouvement se trouvent au début des années
1960, dans la confluence de militants du mouvement nationaliste étudiant Tacuara,et l'intégrisme des provinces de
Buenos-Aires,
Santa-Fe et
Cordoba.
Ces personnes se retrouvèrent autour des jeunes militants catholiques appartenant aux classes moyennes et aisées, dont l'organe de presse fédérateur était la revue Christianisme et Révolution, dirigée par Juan Garcia Elorrio. À partir de là se forma le Commando Camilo Torres qui , avec le groupe conduit par José Sabino Navarro, peut être considéré comme le fondateur des cellules montoneros.
Petit à petit les Montoneros s'affirmèrent dans une voie politique proche du péronisme révolutionnaire, populiste et anti-impérialiste : l'idéologie du groupe était un mélange de la doctrine péroniste avec des éléments provenant du marxisme latino-américain de Che Guevara et de Fidel Castro, le tout fortement influencé par le catholicisme du Mouvement des Prêtres pour le Tiers-Monde. plusieurs des fondateurs du mouvement se connaissait car ils étaient des partisans du prêtre tiers-mondiste Carlos Mugica.
S'autoproclamant dès le début, l'avant-garde armée, nationaliste, catholique et péroniste et utilisant des slogans comme «Peron ou la mort», les Montoneros se revendiquent, dans la province de Buenos-Aires, comme une organisation politico-militaire. Ses dirigeants sont entre autres Fernando Abal Medina, Carlos Gustavo Ramus, José Sabino Navarro, Emilio Maza, Carlos Capuano Martinez, Norma Arrostito, Mario Firmenich.
Les fondateurs des Montoneros décidèrent d'adopter ce nom pour souligner la continuité historiques avec les caudillos argentins du XIXe siècle, avec les montoneras de Penaloza et de Felipe Varola ; ainsi une ligne politique nationaliste s'établissait depuis San Martin jusqu'à Juan Domingo Peron en passant des guerres d'indépendance aux caudillos et à Juan Manuel de Rosas. Au début, plusieurs des commandos opérationnels (Unité de Combat) utilisèrent les noms des caudillos pour signer leurs « faits de guerre ». Cette pratique fut abandonnée plus tard, quand les militants tombèrent en combattant la dictature : à partir de ce moment, es commandos signèrent du nom des compagnons morts.
Plus tard, l'organisation eut à sa tête Julio Roqué, Dardo Cabo, Marcos Osatinsky, Roberto Quieto, Horacio Mendizabal, Raul Yaguer,Roberto Perdia, Fernando Vaca Narvaja, Rodolfo Galimberti. Plusieurs d'entre eux provenaient de l'organisation Descamisados ou des Forces Armées Révolutionnaires une organisation péroniste similaire d'obédience marxiste, qui fusionnera avec les Montoneros en octobre 1973.
Le 7 septembre 1970 à William Morris, province de Buenos-Aires moururent au combat Fernando Abal Medina et Carlos Gustavo Vamuz. Depuis, les militants regroupés à gauche du mouvement péronistes, commémorèrent ce fait comme « le jour des Montoneros ».
La première action publique
L' organisation armée Montoneros se fit connaître le 1 juin
1970 par la séquestration et l'assassinat du général Pedro Eugenio Aramburu qui avait été à la tête de la
Révolution Libératrice qui avait chassé en
1955 le second gouvernement constitutionnel péroniste. Le général avait été enlevé deux jours auparavant par des militants Montoneros revêtus des uniformes de l'armée. Aramburu fut jugé par un
tribunal révolutionnaire, fut accusé de trahison à la patrie , d'avoir éliminé José Leon Suarez et d'avoir fait disparaître le cadavre d'
Evita. Il fut exécuté par Fernando Abal Medina.
C'est l'acte fondateur des Montoneros, mais en réalité ils existaient comme organisation politique depuis plusieurs mois, bien qu'elle fut très minoritaire voire quasi secrète.
L'épisode de La Calera
Le 1e juillet
1970, à 7 heures 30, les Montoneros réalisèrent une opération dans la localité de La Calera.Ils s'emparèrent du commissariat, ils attaquèrent la Banque de la Province de Cordoba, le central téléphonique dont ils neutralisèrent les équipes. Ils laissèrent dans la banque une valise - supposée remplie d'explosifs- qui en réalité contenait un magnétophone avec les chants péronistes. Divers problèmes au moment du repli et des moyens incorrects de sécurité entraînèrent l'arrestation de plusieurs militants dont quelques fondateurs du mouvement. Ignacio Velaz et Luiz Lozada furent blessés, José Breganti, Felipe Defrancesco, Cristina Lipandri, José Fierro, Juan Conte Grand, Juan Sorati Martinez, Heber Albornoz furent arrêtés. Le Commandant Emilio Maza fut tué.
A partir de ce moment, les Montoneros commencèrent un travail de recrutement de cadres issus du péronisme et une augmentation sensible de militants qui rejoignirent la vitrine légale des Montoneros (Jeunesse Péroniste des Régions, Jeunes Travailleurs Péronistes , et Jeunesse Universitaire Péroniste. Ils pouvaient influencer les politiciens afin de lever l'interdiction du
Péronisme et ensuite exiger la convocation d'élections.
Depuis son exil madrilène , Juan Peron les encouragea dans leur processus de guérilla et la loyauté inconditionnelle de l'organisation était utile pour faire pression et déstabiliser les gouvernements issus de la Révolution Argentine.
Dans cette vision stratégique, Peron les appela «formations spéciales », donnant à entendre que l'existence des Montoneros et des autres organisations armées du péronisme était due à un moment stratégique particulier qui se manifestait dans l'existence d'une dictature militaire. Cependant, les éloges tant écrits qu'oraux étaient nombreux pour la « jeunesse merveilleuse ». Selon de nombreux témoignages et des déclarations publiques de l'époque, les Montoneros croyaient être l'avant-garde révolutionnaire indispensable aux plans du vieux Caudillo pour la construction d'une patrie socialiste.
Bibliographie
- Bonasso, Miguel. Recuerdo de la Muerte. Buenos Aires: Planeta. I
- Ramus, Susana. Sueños sobrevivientes de una montonera. Editorial Colihue.
- Chavez, Gonzalo y Lewinger, Jorge. Los del ´73 (memorias montoneras). Editeur De la Campana.
- Falcone, Jorge. Memorial de guerra larga. Un pibe entre cientos de miles. Edition De la Campana.
- Guillespie R. Montoneros: Soldados de Perón". Grijalbo.
- Sadi, Marisa. Montoneros, la resistencia después del final". Buenos Aires, Nuevos Tiempos.
- Gasparini, Juan. Montoneros, final de cuentas. Buenos Aires, Edition De la Campana.
- Perdía, Roberto Cirilo. Otra Historia. Edition Agora.
- Anguita y Caparrós. La Voluntad . 5 tomes, Booket.
- Márquez, Nicolás La otra parte de la Verdad. Mar del Plata, 2004.
- Lanusse, Lucas. Montoneros - El Mito de sus 12 Fundadores. Buenos Aires: Vergara, 2005.
- Larraquy, Marcelo y Caballero, Roberto. Galimberti, de Perón a Susana, de Montoneros a la CIA. Buenos Aires 2000.
Notes