Louviers est une
commune française, située dans le département de l'
Eure et la
région Haute-Normandie. Ses
habitants sont les Lovériens.
Devise
Louviers le Franc (donnée par Charles VII en
1441) par référence aux loups peuplant les nombreuses forêts domaniales alentour (Forêt de Bord)
Géographie
La ville est traversée par sept bras de l'
Eure.
Histoire
Premières attestations du nom:
Locos veteris IX
e siècle, (Annales de St Bertin);
Loviers 962-996;
Lotvers 1025. La forme "locos veteres" ainsi que la poétique transposition "locus veris", le lieu du printemps, de certains textes médiévaux ne sont pas à retenir. Par contre, on peut rapprocher Louviers d'autres formations en "-viers" communes au nord de la France:
Reviers (Calvados); Laviers (Somme) ou
Verviers (Belgique). L'élément, celtique ?
ver/var est un terme hydronymique de signification incertaine mais qui a souvent été utilisé comme nom de rivière (Cf. la
Vire ou le
Var), ainsi que dans le composé Varinna >
Varenne, commun en France. Si la forme de 1025 est correcte, le premier élément pourrait être le même que dans le nom de la rivière le
Lot. Sources: F. de Beaurepaire, in "Les noms des communes...de l'Eure" Ed. Picard
Le 10 février 856 à Louviers, le père du roi Louis II le Bègue lui arrange des fiançailles avec une fille d'Erispoë, duc de Bretagne qui lui concède alors le duché du Mans. Déplaisant énormément aux vassaux bretons, cet arrangementet est peut-être une des raisons du mécontentement et du complot qui entraînent la mort du duc breton l'année suivante. Sources: Annales de Saint-Bertin AD 856 Le Roi Charles fait la paix avec le breton Hérispoé, et fiance à la fille de celui-ci, son fils Louis, auquel il donne le duché du Mans, jusqu’à la route qui conduit de Paris à Tours
Le 12 juillet 1380, le Connétable de la garnison de Louviers, inspectant les murailles vers minuit, trouve un guetteur endormi, alors que la ville est menacée par des ennemis, et, de colère, lui heurte violemment la tête contre une guérite de bois et le tue.
Héraldique
| | Les armes de la ville de Louviers se blasonnent ainsi: - Parti, au 1) d'azur à une lettre L majuscule fleuronnée d'argent enfilée dans une couronne ducale d'or, au 2) aussi d'azur à un lion d'or et à la bordure cousue de gueules chargée de douze besants d'argent
- Remarques:
- Le Grand Larousse encyclopédique (1962) donne un blasonnement équivalent, mais avec seulement huit besants d'argent.
- Malte-Brun, dans la France illustrée (1882) donne un très différent: D'azur, à deux loups passant l'un sur l'autre de sable, au chef d'azur chargé de trois fleurs de lis d'or. Bien que plus 'parlant' (Louvier=voie des loups), ce blason est douteux: les loups étant de sable sur azur (émail sur émail, contraire à la règle de contrariété des couleurs)
|
Administration
Comme toutes les communes de l'ancien
canton de Louviers (scindé depuis en canton de Louviers-Nord et canton de Louviers-Sud), Louviers fut rattachée, jusqu'en
1926, à l'ancien
arrondissement de Louviers, supprimé à cette occasion et jamais reconstitué.
| Liste des maires successifs |
| Période | Identité | Parti | Qualité |
|---|
| mars 2008 | ?? | Franck Martin | PRG | Journaliste |
| mars 2001 | mars 2008 | Franck Martin | PRG | Journaliste |
| mars 1994 | mars 2001 | Franck Martin | div.g. puis PRG | Journaliste |
| mars 1983 | mars 1994 | Odile Proust | RPR | - |
| mars 1977 | mars 1983 | Henri Fromentin | div.g. | Imprimeur |
| mars 1971 | mars 1977 | Thiers | CD | - |
| 1969 | mars 1971 | Rémy Montagne | CD | - |
| mars 1965 | 1969 | Ernest Martin | div.g. | Docteur |
| 1936 | - | Pierre Mendès France | radical | Avocat |
| Toutes les données ne sont pas encore connues. |
Démographie
| Évolution démographique <nowiki /> |
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Graphique de l'évolution de la population 1794-1999
Par ailleurs, lors du Recensement de 1999, la population totale, incluant les doubles comptes, était de 18.937 habitants.
Patrimoine
Le patrimoine lovérien a fortement souffert des destructions de la Seconde Guerre mondiale. Malgré tout, certaines maisons ont subsisté, notamment un magnifique hôtel particulier du
XVIIIe siècle où
Napoléon III a passé quelque temps.
Patrimoine religieux
- Église Notre-Dame du XIe siècle au XIIIe siècle
- Cloître des pénitents : ruines d'un cloître franciscain puis dominicain, le seul cloître sur l'eau d'Europe.
Patrimoine civil
- Palais de justice, inauguré en 1896, abrite le tribunal d'instance et le conseil de Prud'hommes.
- Maison du Parlement XVIe siècle, où se réfugia le Parlement de Rouen durant les guerres de religion.
- rues classées du XVIe siècle avec maisons à pans de bois (colombages).
- Manoir de Bigards : gentilhommière du XVIe siècle agrandie au XVIIe. Le corps de logis est à pans de bois sur un rez-de-chaussée de briques et de pierres. Chapelle intérieure avec vitraux. Jardin moderne traversé par trois bras de l'Eure où l'on peut voir les installations des tanneurs du XVIe siècle.
- Maison à vaisselle cassée : Il aura fallu des milliers d'heures à M. Vasseur pour habiller sa maison et son jardin avec des tonnes de morceaux de vaisselle.
- Riche architecture Troisième République (style Jules Ferry) où la mairie regroupe le musée, la bibliothèque et l'école primaire.
- Georges Wakhévitch y a créé la Fondation Wakhévitch (Musée des décors de Théâtre, d'Opéra et de Cinéma). C'est en réalité le Maire Odile Proust qui a collecté des décors appelés pompeusement "fondation" ; Cette fondation n'existe plus
Patrimoine industriel
- Usine de Jean-Baptiste Decrétot, en centre ville : première installation industrielle Textile fondée vers 1780.
- Usine Jeuffrain et usine VandeWoorde qui témoignent du riche passé de l'industrie textile du drap de Louviers.
- Moulin de Bigard, situé rue des Anciens Combattants d'Afrique du Nord (anciennement 4 rue de la Gare) sur le bras de Bigars de l'Eure (rivière) : successivement moulin à tan au XVIIIe siècle, moulin à foulon (coton) en l'an XIII, filature de drap Jourdain-Ribouleau en 1824 (visitée par le prince Louis-Napoléon en 1849 et reconstruite après incendie en 1856), grand moulin à blé Minoterie de la famille Lair en 1890 (actionnée par roue à aube métallique, puis par électricité), usine vétérinaire en 1962 puis enfin espace culturel municipal en 1978.
- Médiatèque, ancienne usine drapiaire à vapeur faite de briques, de bois et de poutres métalliques. Le toit à dent de scie prouve son rôle précédent. La manufacture se compose de deux parties:la cheminée et les métiers à tisser puis le logement des ouvriers qui logent dans l'usine afin que le patron puisse mieux gérer l'entreprise, le stock de laine et de tissus.
- Quand Louviers fut dans sa période drapiaire elle fournissait des draps royaux en laine de mouton
Économie
Des implantations
wisigothiques du
VIIIe siècle ont été découvertes grâce à l'archéologie préventive en centre ville et au bord de l'
Eure. L'habitat est donc fort ancien du fait de ses
fortifications naturelles consistant en sept bras de l'
Eure, le plus étroit de ceux-ci mesurant moins d'un mètre.
Jusqu'au XVIIIe siècle, ce sont les tanneurs qui font la richesse de la ville. Les greniers aérés par des ouvertures en anse de paniers témoignent de cette activité dans nombre de maisons. En parallèle, la culture du lin, fréquente dans la région, conduit à une architecture particulière : celles des ateliers familiaux de tissage de la batiste. Pour faire entrer le métier, les maisons peuvent avoir des plafonds de plus de 4 mètres de haut.
À partir du XVIIIe siècle, avec l'importation de la Laine des moutons d'Angleterre, c'est le tissage du drap de Laine qui enrichit la ville. La plus ancienne usine (établissement industriel se différenciant des ateliers familiaux) a laissé une friche en centre ville restaurée en Bourse du travail. La crise du textile, dans les années 1960, met fin à cette activité (7 usines textiles en ville) et Louviers devient une banlieue résidentielle pour des migrations quotidiennes professionnelles vers Rouen ou vers Paris, phénomène accentué par l'arrêt des trains express en Gare de Val-de-Reuil.
Personnalités
- Guillaume de Bigars (Seigneur du fief de la Salle-du-Bois, détenant les iles du Bassin de Bigars et du Bassin de la Villette) participe à la Première croisade aux côtés de son suzerain Robert Courteheuse, Duc de Normandie.
- Louis de Bigars, pendant la Guerre de Cent Ans reprend la ville aux Anglais en 1440, faits d'armes honoré par le roi Charles VII de France à l'occasion de l'octroi d'une charte datée de Lusignan en mars 1441 : exemption d'impôts à perpétuité, appellation de Loviers-le-Franc, privilège pour les Lovériens de broder sur leurs vêtements la lettre L couronnée, etc...
- Maurice Duruflé (Louviers 1906 - Louveciennes 1986), compositeur et organiste.
- Jean-Baptiste Gauthier (Louviers 1685 - Gaillon 1755), théologien.
- Mathurin Le Picard, curé
- Jacques-Désiré Laval, prêtre de Pinterville, allait trouver son confesseur, l’abbé Talon à Louviers.
- Michel Linant (Louviers 1708 - Paris 1749), poète. Auteur des Progrès de l'éloquence sous le règne de Louis le Grand.
- François Loncle, député PS
- Pierre Mendès France, maire en 1954
- Jean Nicolle (Louviers 1604 - Louviers 1650), peintre.
- Olivier Besancenot, homme politique, a passé une partie de son enfance à Louviers
- Pierre Nicolas Le Chéron d'Incarville, botaniste
Jumelages
Bibliographie
- Louis Béquet, L’histoire de Louviers évoquée par les choses, 1978
- Robert Dauphin, Louviers, 4 années d'occupation 1940-1944, 1981
- Jean-Michel Chaplain, La chambre des tisseurs : Louviers, cité drapière (1680-1840), 1984 (ISBN 2-903528-40-3)
- Dauphin et Marinier, Les rues de Louviers vous parlent..., 1986
- Abbé Delamare, curé d'Incarville, Histoire des rues de Louviers
- Yvette Petit-Decroix et autres, "Les moulins à eau du Pays de Louviers" édité par la Société d'Etudes Diverses de Louviers et sa Région
Voir aussi
Communes de l'EureLiens externes